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La Russie peut-elle échapper aux sanctions grâce aux Bitcoins ?



Les cryptomonnaies pourrait permettre le maintien d'échanges internationaux en contournant les sanctions des pays Occidentaux.

Temps de lecture : 3 minute(s) - | Mis à jour le 02-03-2022 13:16 | Publié le 01-03-2022 12:00
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Les cryptos ont été créées pour permettent des transactions sans l'intervention des banques

Les sanctions prises à l'encontre de la Russie suite à l'invasion de l'Ukraine sont d'une ampleur sans précédent. Elles ont pour effet d'isoler le pays et de compliquer ses transactions internationales, à l'achat comme à la vente. Mais elles ne semblent pas avoir ébranlé le Kremlin, qui pourrait avoir vu dans les crytpoactifs une alternative pour compenser ses pertes.

L'utilisation des cryptoactifs pour contourner les sanctions de la communauté internationale n'est pas une nouveauté. Selon un rapport de l'ONU, ce levier a déjà été actionné par la Corée du Nord pour financer son programme nucléaire. L'Iran et le Venezuela ont également envisagé d'y avoir recours pour passer outre les restrictions qui leur ont été imposées.

Le Bitcoin et les cryptomonnaies qui l'ont suivi ont précisément été créés dans ce but : permettre les transactions financières de pair à pair sans l'intervention d'un tiers comme une banque ou un État. Leurs utilisateurs s'affranchissent des règles habituelles du système financier, un principe d'autant plus possible que la législation qui les encadre reste floue et peu harmonisée au niveau mondial.

>> A LIRE : « Bank run » : la Russie risque-t-elle une faillite de son système bancaire ?


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Une possibilité qui inquiétait déjà les États-Unis

Les banques ont l'obligation de vérifier chaque transaction et de refuser les échanges qui tombent sous le coup des sanctions sous peine d'amendes. À titre d'exemple, la BNP Paribas avait été condamnée en 2015 à payer 8,9 milliards de dollars aux États-Unis pour avoir contourné les embargos que le pays avait imposé à Cuba, l'Iran, le Soudan et la Libye.

Les pays sous sanctions ont donc de grandes difficultés à commercer avec le reste du monde via des transactions bancaires. Tandis qu'en parallèle, l'utilisation des cryptomonnaies leur permet d'échapper à tout contrôle puisqu'elle ne dépend pas de l'intervention de tiers.

Cette brèche ouverte par les cryptomonnaies n'a pas échappé au gouvernement américain, qui l'évoquait dès octobre 2021. Le département du Trésor avait alors averti qu'elles formaient « une menace de plus en plus sérieuse pour le programme de sanctions américain et que les autorités devaient se renseigner sur la technologie », selon le New York Times.

>> A LIRE : Les cryptos attirent plus d'investisseurs que la bourse


Une reconnaissance des cryptomonnaies comme « devise »

Pour la Russie d'aujourd'hui, les cryptomonnaies sont toutefois loin de pouvoir remplacer le système bancaire. D'une part, leur achat doit bien souvent être effectué en passant par le dollar. Une action qui reste difficile, voire impossible, pour un pays sanctionné. D'autre part, toutes les transactions en cryptomonnaies sont publiques. Même si seules les adresses des wallets sont visibles, les États ont, dans la plupart des cas, le moyen de connaître l'identité de l'entité qui possède le portefeuille. Dans ces deux cas, la Russie pourrait avoir des solutions.

Au début de l'année, la banque centrale de Russie s'était levée contre les cryptomonnaies, les déclarant « menaçantes » pour la stabilité du système financier et proposant d'interdire le minage. Or début février, quelques semaines avant le début de l'invasion de l'Ukraine, le gouvernement a déposé un projet de loi visant à les considérer au même titre que les autres devises étrangères, c'est-à-dire au même niveau que le dollar ou l'euro, selon les informations du média russe Kommersant.

Le pays a également annoncé lancer les premiers tests de son e-rouble le 16 février dernier, devise numérique émise par sa banque centrale. Quelques jours à peine après le lancement du e-yuan par la Chine.

Dans le contexte actuel, de tels dispositifs pourraient permettre aux utilisateurs russes de ne plus avoir à échanger leurs roubles contre des dollars avant d'acheter des cryptomonnaies, ce qui favoriserait le développement d'échanges commerciaux à l'abri des sanctions occidentales.

Selon le New York Times, la Russie aurait également une solution pour anonymiser entièrement les transactions, permettant à ses partenaires de ne pas être identifiés et donc de ne pas être sanctionnés. Il n'est pas exclu qu'elle utilise « Hydra », une marketplace géante du dark web russe qui permet de rendre les transactions intraçables.

A ce jour, l'utilisation des cryptomonnaies à grande échelle reste compliquée dans le cas des grands échanges internationaux. En cas de sanctions plus importantes encore, il est difficile d'imaginer que le pays puisse maintenir le niveau de vente de pétrole et de gaz, qui représentent 30% du PIB du pays à eux deux, grâce aux cryptomonnaies. Mais la Russie pourrait trouver de nouveaux partenaires parmi les autres pays sanctionnés ou de conserver discrètement certains partenaires actuels, tout en se rapprochant un peu plus de la Chine et d'autres pays qui n'ont décrété aucune sanction à l'heure actuelle.
Une telle situation, inédite sur bien des plans, n'est pas sans poser la question d'une modification profonde de nos sociétés.

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