Trump–Xi : la trêve des terres rares
Trump et Xi concluent une trêve commerciale sur les terres rares. L'accord apaise les tensions mais laisse un conflit latent.
Un deal sous haute tension
Les deux dirigeants les plus puissants de la planète ont trouvé un terrain d’entente : Pékin lève provisoirement ses limites d’exportation de terres rares, s’engage à acheter « d’immenses quantités » de soja américain et à freiner la production de précurseurs du Fentanyl. En contrepartie, Washington réduit de 10 % ses droits de douane sur les produits chinois et allège les restrictions sur les exportations de puces électroniques.
Pour Clément Inbona, gérant chez La Financière de l’Échiquier (LFDE), cette séquence illustre un tournant : « Après des mois d’escalade, les deux pays reconnaissent leur interdépendance. » La Chine montre qu’elle peut transformer son monopole sur les matériaux critiques en véritable arme diplomatique ; les États-Unis, qu’ils restent vulnérables à cette dépendance stratégique.
En reprenant l’offensive commerciale en avril 2025, Donald Trump voulait prouver sa fermeté ; il en ressort avec un accord pragmatique, dicté autant par les marchés que par la campagne présidentielle. Xi Jinping, lui, s’offre l’image d’un acteur rationnel et responsable, prêt à stabiliser l’économie mondiale… à sa manière.
De la guerre économique à la géopolitique des ressources
L’épisode des terres rares révèle une reconfiguration du multilatéralisme. En usant de la contrainte sur des matériaux indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs et aux systèmes d’armes, la Chine impose son tempo : la dépendance technologique occidentale devient un levier de puissance.
« L’extraterritorialité du dollar a trouvé son miroir : celle des ressources », observe Clément Inbona. Pékin étend son influence au-delà de ses frontières, tout comme Washington l’a longtemps fait via sa monnaie et son droit. Cette symétrie inédite rebat les cartes d’un ordre mondial où la souveraineté économique prime sur la coopération.
Pour les marchés financiers, cette trêve vaut surtout par ce qu’elle évite : un nouvel emballement inflationniste lié aux chaînes d’approvisionnement. L’allègement des tarifs douaniers redonne de l’air aux exportateurs asiatiques, tandis que le S&P 500 et le CAC 40 retrouvent un souffle. Mais personne n’est dupe : le conflit reste latent. Le moindre dérapage politique pourrait rallumer les tensions à la veille des élections américaines.
De la guerre économique à la géopolitique des ressources
L’épisode des terres rares révèle une reconfiguration du multilatéralisme. En usant de la contrainte sur des matériaux indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs et aux systèmes d’armes, la Chine impose son tempo : la dépendance technologique occidentale devient un levier de puissance.
« L’extraterritorialité du dollar a trouvé son miroir : celle des ressources », observe Clément Inbona. Pékin étend son influence au-delà de ses frontières, tout comme Washington l’a longtemps fait via sa monnaie et son droit. Cette symétrie inédite rebat les cartes d’un ordre mondial où la souveraineté économique prime sur la coopération.
Pour les marchés financiers, cette trêve vaut surtout par ce qu’elle évite : un nouvel emballement inflationniste lié aux chaînes d’approvisionnement. L’allègement des tarifs douaniers redonne de l’air aux exportateurs asiatiques, tandis que le S&P 500 et le CAC 40 retrouvent un souffle. Mais personne n’est dupe : le conflit reste latent. Le moindre dérapage politique pourrait rallumer les tensions à la veille des élections américaines.