42 % des Français laissent dormir leur argent : les raisons révélées par un sondage
Une enquête d'OpinionWay pour Invstore révèle que 42 % laissent au moins 10 % de leur argent sur un compte courant, tandis que 19 % ignorent le montant exact de leurs liquidités non investies.
Le sondage identifie plusieurs facteurs expliquant l'inaction financière. La prudence, d'abord. 54 % des Français conservent leur argent disponible « au cas où », une proportion atteignant 64 % chez les 65 ans et plus et dans les communes rurales, contre 48 % dans les villes de plus de 100.000 habitants.
Parmi les obstacles cités, 43 % des Français mentionnent au moins un frein psychologique ou relationnel : crainte de perdre de l'argent (23 %), angoisse du mauvais choix (16 %), méfiance envers les acteurs financiers (15 %). Le manque de connaissances (13 %), la difficulté à comparer les offres (10 %) et la complexité des informations (9 %) complètent ce panorama.
Les ménages gagnant moins de 2 000 €/mois sont significativement plus touchés, avec 51 % citant ces freins contre 37 % des revenus supérieurs à 3 500 €. Sur le plan émotionnel, seuls 27 % des Français abordent l'épargne avec motivation. Plus de la moitié des femmes éprouvent des émotions mitigées ou négatives face aux placements, contre 42 % des hommes.
Fracturation des repères : IA et finfluenceurs rivalisent avec les conseillers bancaires
Chez les 18-24 ans, l'intelligence artificielle rivalise désormais avec le conseiller bancaire comme premier réflexe financier, avec respectivement 18 % et 20 %. Autre enseignement : 16 % de cette classe d'âge se tourneraient en priorité vers les réseaux sociaux et créateurs de contenu pour gérer leur épargne, contre 1 % seulement chez les 50 ans et plus.
L'étude révèle enfin un paradoxe social marqué : 31 % des Français gagnant moins de 2 000 €/mois ont consulté des finfluenceurs pour leurs finances, contre 16 % des revenus supérieurs à 3 500 €. Globalement, 56 % des 18-24 ans ont déjà consulté des finfluenceurs (dont 13 % régulièrement), tandis que 74 % des 65 ans et plus les regardent avec un œil critique.
La question de l'éducation devient ainsi centrale : 8 personnes interrogées sur 10 estiment que l'éducation financière ne doit pas reposer sur l'individu seul, et un tiers souhaite même qu'elle passe par l'école.