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Inquiétudes sur les marchés financiers : faut-il encore investir en bourse ?

| Publié le 11-12-2018 18:25 | Mise à jour le 11-12-2018 18:58

Inquiétudes sur les marchés financiers :  faut-il encore investir en bourse ?
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Inquiétudes sur les marchés financiers :  faut-il encore investir en bourse ?

Les incertitudes politiques et économiques gagnent de nombreux pays. Crise des gilets jaunes, Brexit, budget italien, négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine… Les indices boursiers reculent. Quelle stratégie adopter ?

Une lente baisse en France, accentuée par la crise des gilets jaunes

Inquiétudes sur les marchés financiers :  faut-il encore investir en bourse ?

La récente crise des gilets jaunes rend le climat social particulièrement instable. Or, ce qu'attendent les investisseurs, c'est avant tout de la stabilité quant à leurs placements, afin d'avoir la meilleure visibilité possible.

En êtres rationnels, tout élément perturbateur peut les pousser à vendre leurs titres financiers pour se replier sur des valeurs plus solides. Ainsi, on observe une nette baisse des indices boursiers depuis le lendemain du 1er décembre, journée particulièrement violente à Paris dont les images ont choqué jusqu'en dehors de nos frontières. Dans la foulée, les annonces du gouvernement suite à ce mouvement font déjà poindre des inquiétudes, certains y voyant la fin de toutes les initiatives de réforme susceptibles d'assainir les finances publiques.

Mais ce mouvement, comme d'autres évènements tels que l'arrestation du PDG de Renault Carlos Gohsn au Japon, ne font qu'amplifier la baisse. L'indice CAC 40, qui regroupe les valeurs des 40 plus grandes entreprises françaises, voit son cours s'émousser lentement depuis mi 2018, ramené actuellement à son niveau de décembre 2016. Même si l'on reste très loin des chutes vertigineuses de 2003 et 2009, lentement mais sûrement, les actions perdent de leur valeur.

Brexit : l'option d'un no deal refroidit les marchés

La France n'est pas un cas isolé. Durant cette année, les bourses européennes ont vu les investisseurs retirer petit à petit leurs capitaux. Cette tendance est notamment liée aux incertitudes concernant les contextes politique et économique (l'économie n'a cessé de ralentir depuis le début de l'année). Les principaux indices ont réalisé des sous-performances et sont revenus, eux, aussi à leur niveau de... 2016.

Outre la morosité de l'économie allemande et l'affaiblissement politique d'Angela Merkel, c'est actuellement le Brexit qui inquiète. Après d'âpres négociations avec l'Union Européenne pour obtenir un accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni, le vote du Parlement britannique qui devait l'entériner vient finalement d'être reporté par Theresa May. Les conditions étant jugées trop contraignantes outre-Manche et le Parlement risquait de rejeter le texte. La Livre Sterling fait déjà les frais de ces remous politiques, chutant lourdement depuis novembre.

Ce qui inquiète les investisseurs, c'est que le pays a jusqu'au 29 mars prochain pour valider un accord. Si rien n'est signé, la Grande-bretagne sortira de l'Union Européenne « sans accord ». Et cette option aurait des conséquences sur les économies britanniques et européennes, France inclue. ce « no-deal » serait un grand plongeon dans l'inconnu, parce qu'il n'y aurait plus d'accord commerciaux valide entre la Grande-Bretagne et l'UE, ce qui impliquerait une augmentation brutale des droits de douane et, mécaniquement, une baisse des exportations vers le pays et une augmentation des prix. De part et d'autre, du temps serait nécessaire pour s'adapter.

Par ailleurs, on ne sait ce qu'il adviendrait des 50 milliards d'euros que doit le Royaume-Uni à l'Union Européenne. Si l'hypothèse d'un non-remboursement est peu probable puisqu'elle ruinerait sa crédibilité internationale tout en portant un coup aux finances européennes, son éventualité rend les marchés frileux à l'égard de tous les secteurs économiques qui pourraient être impactés.

Le budget italien donne des sueurs froides à l'Union Européenne

L'Italie est une autre source d'inquiétudes : son budget 2019 vient en effet d'être refusé par Bruxelles et le pays a été placé en procédure de « déficit excessif pour non-respect du pacte de stabilité ».
Il faut dire que l'Italie assume déjà une dette colossale (132% du PIB, là où la France, pourtant mauvaise élève en la matière, arrive à 96% et l'Allemagne 68%). Le budget tel que présenté aurait pour effet d'endetter encore plus les italiens, au risque de ne jamais pouvoir rembourser et de plonger le pays dans une crise comparable à celle que la Grèce a connu il y a quelques années.

Des négociations sont en cours avec l'Union Européenne afin de limiter le déficit budgétaire pour 2019, mais les mesures nécessaires auront un impact sur l'économie du pays. Or, le sujet italien a un enjeu politique majeur : les partis traditionnels se sont tous effondrés aux dernières élections, et l'échec du gouvernement actuel, élu sur des promesses de mesures très coûteuses (baisse de l'âge de la retraite, réformes fiscales, création d'un revenu citoyen…), serait de très mauvais augure.


Pas mieux du côté des États-Unis ou de l'Asie

Après avoir atteint un pic historique en mi-2018, le NASDAQ et le Dow-Jones (principaux indicateurs boursiers américains) amorcent, eux aussi, une lente baisse. Parallèlement, un mauvais signal vient d'émerger concernant les taux auxquels emprunte l'État. L'inquiétude vient du fait qu'il lui devient plus cher d'emprunter à court terme qu'à long terme, un évènement qui, historiquement, a quasi systématiquement précédé une récession. Si le phénomène est à ce stade très limité, il a néanmoins attiré l'attention des investisseurs, qui s'en méfient particulièrement.

D'autant qu'actuellement, les négociations des accords commerciaux sino-américiains sont très tendues. Donald Trump vient de menacer la Chine, dont l'économie a elle aussi ralenti, d'augmenter les tarifs douaniers à 25% si un accord n'était pas finalisé au 1er mars prochain. Or, une telle augmentation freinerait considérablement l'exportation de produits aux États-Unis. Toutes les entreprises impactées verraient leur chiffre d'affaires baisser au moins à court terme (le temps de trouver de nouveaux débouchés), et à n'en point douter, cela aurait des répercussions sur... leur valeur boursière.

Autre fait marquant, les États-Unis viennent de faire arrêter Meng Wanzhou, la directrice financière chinoise de Huawei, en l'accusant de fraude. Cette annonce a provoqué une nouvelle inquiétude quant à l'issue des négociations commerciales entre les deux pays, ce qui a eu pour conséquence de faire plonger immédiatement les bourses de New-York vendredi.

Les inquiétudes gagnent donc là aussi du terrain. Pourtant, l'économie réelle américaine se porte bien : le taux de chômage est au plus bas, les salaires sont en hausse et la consommation des ménages est solide. Mais en général, force est de constater que c'est la mauvaise santé de la bourse qui entraine l'économie réelle dans une récession, et non l'inverse.

Que faire dans une telle période d'incertitude ?

Chaque phénomène isolé n'explique pas à lui seul la lente érosion des valeurs boursières tout autour du globe. On constate en effet dans de nombreux pays un ralentissement des économies : l'Asie, d'ordinaire menée par la Chine et le Japon, tourne au ralenti. En Europe, l'Allemagne cale, et l'ensemble de l'Union Européenne peine à obtenir une croissance solide. Or, l'évolution des marchés boursiers tient pour beaucoup aux anticipations des investisseurs, et c'est leurs réactions aux évènements qu'il faut surveiller.

Actuellement, beaucoup d'indices boursiers sont baissiers (bien que des valeurs résistent, fort heureusement), et peu d'indicateurs semblent plaider pour un retour de l'optimisme à court terme. Deux réactions peuvent alors s'envisager.
La première, défensive, étant de ne pas investir en bourse ou de revendre ses titres, afin de les placer sur des « valeurs refuges ». L'objectif étant de rapatrier son patrimoine sur des actifs tangibles et moins risqués, tels que l'immobilier. Selon le budget, on peut par exemple investir directement dans la pierre, ou bien, à partir de quelques centaines d'euros, dans des SCPI, celles-ci conservant un bon rendement.

La seconde option est de conserver ses titres, voire d'acheter, en attendant une embellie. En effet, l'économie a jusqu'à présent toujours été cyclique, faite de hausses et de baisses successives. Certains économistes comme Jospeh Schumpeter, ont d'ailleurs théorisé ce phénomène. Néanmoins il faut reconnaître que de nombreux facteurs assombrissent les perspectives financières pour les mois à venir, aussi va-t-il mieux attendre encore un peu pour miser sur la bourse.


Publié le 11-12-2018   18:25 - Mise à jour le 11-12-2018 18:58 -
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