Abionyx Pharma s'allie au CHU de Lille pour étudier CER-001 chez les grands brûlés
Annoncé le 4 novembre 2026, le partenariat associe le Centre de Traitement des Brûlés et le service de Médecine Intensive-Réanimation du CHU lillois. Il porte sur de la recherche translationnelle, en amont d'une éventuelle évaluation clinique de CER-001, principal candidat de la société, chez les grands brûlés exposés au sepsis.
Une recherche ciblée sur le sepsis, principale cause de décès des grands brûlés
Abionyx Pharma a signé un partenariat avec le CHU de Lille afin de développer des programmes de recherche translationnelle sur le rôle de l'apoA-I et de l'endotoxine chez les patients en état critique. L'objectif est de mieux caractériser les mécanismes reliant inflammation aiguë sévère, dérégulation immunitaire, endotoxémie et sepsis, et d'explorer le potentiel de CER-001 dans ces populations.
Le choix des grands brûlés repose sur un constat clinique rappelé par la société : une fois passée la phase initiale, la majorité des décès ne résulte pas directement des lésions thermiques. La principale cause de mortalité devient alors le sepsis et son évolution vers la défaillance multiviscérale.
Chez ces patients, les taux circulants d'apoA-I et de HDL chutent nettement, et des taux bas sont associés à un pronostic défavorable dans le sepsis. CER-001, particule biomimétique d'apoA-I humaine recombinante associée à des phospholipides, vise à restaurer ces fonctions physiologiques plutôt qu'à bloquer un médiateur inflammatoire unique.
Biomarqueurs et profils de patients pour orienter le développement clinique
La collaboration pourra notamment porter sur la dynamique de l'apoA-I et des HDL fonctionnelles, la charge endotoxinique, les biomarqueurs de l'inflammation et de l'immunité innée ainsi que les marqueurs de dysfonction endothéliale. Leur relation avec la survenue d'un sepsis et de défaillances d'organes sera examinée.
Le programme cherchera aussi à déterminer si l'altération des barrières, l'exposition aux endotoxines et la diminution de l'apoA-I peuvent participer à une boucle d'amplification de la réponse inflammatoire chez certains patients. Il doit identifier les mécanismes et les profils de patients susceptibles de guider de futurs développements cliniques de CER-001.
Le service de Médecine Intensive-Réanimation apporte l'accès à une population plus large de patients en sepsis d'autres origines. Ses données permettront d'évaluer dans quelle mesure des signatures biologiques communes se retrouvent entre ces différentes populations.
Une première étape conditionnée aux données translationnelles
La société présente cette collaboration comme « une première étape » dans l'élargissement scientifique de CER-001, du sepsis vers les dysrégulations immuno-inflammatoires aiguës sévères.
Son directeur général, Cyrille Tupin, lie la suite aux résultats : le partenariat doit permettre, « si les données translationnelles le confirment, de disposer d'un rationnel renforcé pour évaluer CER-001 dans cette nouvelle population à haut risque ».
Côté hospitalier, le Dr Côme Bureau, praticien hospitalier en médecine intensive-réanimation au CHU de Lille, rappelle que l'anticipation d'une aggravation « repose encore largement sur l'évaluation clinique et l'expérience du praticien ». Selon lui, « disposer de marqueurs capables d'identifier précocement les patients à risque pourrait modifier notre manière de les surveiller et d'adapter leur traitement ».
Cette annonce suit deux accords industriels conclus en octobre 2026 : avec l'italien Olon le 7 octobre, pour la production de deux lots de validation dans le déficit en LCAT, puis avec Axplora le 27 octobre, qui achève selon la société la structuration de la chaîne de production de CER-001. Le partenariat lillois porte, lui, sur l'extension scientifique du candidat.