AdUX : chiffre d'affaires en repli de 5 % au S1 2026, trésorerie sous pression
AdUX a publié ses résultats du premier semestre 2026 marqués par une baisse du chiffre d'affaires limitée à 5 % et la contraction de sa marge brute et de son EBITDA dans un contexte de repli du marché français de la publicité programmatique. Malgré une stricte maîtrise des coûts opérationnels et le maintien d'un résultat net positif, le groupe voit sa trésorerie opérationnelle passer en négatif et son ratio d'endettement se dégrader.
Contraction de rentabilité dans un marché en recomposition
Le groupe a enregistré au premier semestre un chiffre d'affaires de 10,6 millions d'euros, en retrait de 5 % par rapport aux 11,2 millions d'euros du même semestre 2025. Cette baisse s'explique principalement par le repli de l'activité à l'international, notamment en Belgique (-0,6 M€) et en Italie (-0,3 M€), dans un contexte de marché français défavorable. Selon le baromètre du programmatique français, le segment Display a reculé de 13 % et la vidéo instream de 31 % sur la période, tandis que l'audio digital et le Digital Out-of-Home programmatique ont affiché des progressions respectives de 23 % et 28 %.
Sur fond de pression tarifaire accrue (CPM vidéo en baisse de 44 %), la marge brute d'AdUX s'inscrit en retrait de 13 %, passant de 5,1 millions à 4,4 millions d'euros. Malgré cette érosion, le groupe a contenu l'impact grâce à une réduction de ses coûts d'achats externes (-0,3 M€, à 1,6 M€) et à une maîtrise des charges de personnel. L'EBITDA s'établit à 1,3 million d'euros contre 1,7 million au premier semestre 2025, soit une contraction de 24 % en montant absolu. Le taux d'EBITDA passe de 15,6 % au premier semestre 2025 à 12,4 % au premier semestre 2026.
Flux de trésorerie opérationnelle en négatif malgré la discipline
Si le groupe a maintenu un résultat net positif de 0,3 million d'euros (contre 0,8 million au S1 2025), la trésorerie opérationnelle bascule en territoire négatif. Le flux net provenant des activités opérationnelles s'établit à -1,244 million d'euros au premier semestre 2026, contre -0,229 million d'euros au premier semestre 2025. Cette dégradation d'environ 1 million d'euros s'explique principalement par une variation défavorable du besoin en fonds de roulement (-2,3 millions d'euros sur le semestre).
Cette dégradation se répercute sur la structure financière du groupe. La trésorerie au bilan recule de 92 %, passant de 2,4 millions à 0,2 million d'euros en fin de semestre. Bien que le groupe explique cette baisse par une centralisation de trésorerie au sein du groupe Azerion et un placement d'excédents, l'impact sur la marge de manœuvre financière demeure. La dette nette s'élève à 8,2 millions d'euros, dont 7,9 millions d'euros au titre d'un contrat d'affacturage. Le ratio dette nette / EBITDA s'aggrave sensiblement, passant de 1,23x fin décembre 2025 à 2,49x fin juin 2026.
France en légère croissance et priorité donnée aux produits à plus forte marge
Contrairement aux marchés européens, la France affiche une légère progression de 3 % du chiffre d'affaires au premier semestre. Le groupe place cette géographie comme son principal moteur de résilience et concentrera ses efforts commerciaux sur le secteur Retail, jugé « en parfaite adéquation avec nos solutions ». Le groupe entend poursuivre sa politique de contrôle rigoureux des coûts et prioriser les produits à plus forte marge, notamment le marketing à la performance et le drive-to-store, pour préserver une rentabilité opérationnelle solide en 2026.
À titre de contexte, AdUX avait réalisé un chiffre d'affaires de 24,6 millions d'euros en 2025 pour un EBITDA de 4,2 millions d'euros, soit un taux de 17,1 % : le premier semestre 2026, à 12,4 % de taux d'EBITDA, traduit un recul de la rentabilité par rapport à cet exercice. Au 30 juin 2026, la dette nette du groupe s'élève à 8,2 millions d'euros et le ratio dette nette/EBITDA à 2,49x, contre 1,23x fin décembre 2025.