Adyen : volume de paiements en hausse de 30 % au troisième trimestre, l'objectif d'EBITDA à moyen terme abandonné
Adyen a publié le 28 octobre 2026 un point d'activité du troisième trimestre qui porte deux messages. D'un côté, le volume de paiements traités a progressé de 30%, à 451,1 milliards d'euros, et le segment Platforms a enregistré une hausse de 46% de son chiffre d'affaires net.
De l'autre, le groupe basé à Amsterdam a annoncé une accélération de ses investissements, fixé à 50% son objectif de marge d'EBITDA pour 2026 et mis fin à son objectif d'EBITDA à moyen terme. Les chiffres trimestriels s'accompagnent ainsi d'un nouveau cadrage de la rentabilité attendue.
Un chiffre d'affaires net de 738,1 M€ au troisième trimestre, en hausse de 23%
Sur le trimestre clos le 30 septembre 2026, le chiffre d'affaires net d'Adyen a atteint 738,1 millions d'euros, en hausse de 23% sur un an et de 22% à taux de change constants. Le volume de paiements traités a progressé à un rythme plus élevé, de 30%, pour s'établir à 451,1 milliards d'euros.
Le segment Digital (paiements en ligne) reste le premier contributeur, avec 387,4 millions d'euros de chiffre d'affaires net, en hausse de 16% (14% à changes constants). Unified Commerce, qui regroupe les paiements en magasin et omnicanal, a atteint 250,5 millions d'euros, en progression de 29% (27% à changes constants).
Platforms, consacré aux paiements et services financiers intégrés pour plateformes logicielles, a affiché la croissance la plus élevée des trois segments : 100,2 millions d'euros, en hausse de 46% (44% à changes constants). Ces données trimestrielles ne sont pas auditées.
Platforms et Unified Commerce progressent plus vite que Digital
La croissance du trimestre ne se répartit pas de façon homogène. Avec une hausse de 16%, Digital, premier segment en taille, progresse moins vite que l'ensemble du groupe (23%), tandis qu'Unified Commerce (29%) et Platforms (46%) se situent au-dessus. Le poids de ces deux segments dans le chiffre d'affaires net augmente donc mécaniquement.
Sur le plan commercial, Adyen a fait état de premiers contrats auprès de grands comptes, liés à l'intégration en cours de Talon.One et Orb. Ingo Uytdehaage, co-directeur général, a jugé très positive la réaction initiale des commerçants à ces deux offres et a indiqué que le groupe accélérait ses investissements pour saisir l'opportunité qu'il identifie.
Le groupe a également étendu ses partenariats avec des clients grands comptes, dont GetYourGuide, LillyDirect, Tod's et Toast. Il a amélioré sa solution Authenticate, qui a permis selon lui des gains de conversion à deux chiffres pour des commerçants internationaux.
Adyen a par ailleurs rejoint le pilote de l'euro numérique de la Banque centrale européenne en tant que prestataire de services de paiement acquéreur. Il s'est aussi associé à Sierra et Meta sur le Personal Agent Protocol, destiné à encadrer les interactions entre agents d'intelligence artificielle et entreprises.
Une marge d'EBITDA visée à 50% en 2026, l'objectif à moyen terme abandonné
Pour l'ensemble de 2026, Adyen anticipe une croissance de son chiffre d'affaires net comprise entre 21% et 23% à taux de change constants, fourchette dans laquelle s'inscrit la progression de 22% à changes constants du troisième trimestre. Les capex devraient représenter 7% du chiffre d'affaires net cette année, avant de revenir vers leurs niveaux historiques après 2026.
Le groupe présentera ses objectifs financiers pour 2027 en février, lors de la publication des résultats du second semestre 2026. Il a également annoncé la nomination de Niclas Neglen au poste de directeur financier à compter du 1er février 2027, sous réserve de l'approbation des autorités de régulation et des actionnaires, la fonction étant assurée par intérim par Hwa Tsao.
Adyen justifie l'accélération de ses investissements dans ses équipes, sa plateforme et ses produits par l'intérêt des commerçants pour son offre combinant paiements, fidélisation, facturation et produits financiers. En conséquence, il vise désormais une marge d'EBITDA de 50% en 2026.
Afin de conserver de la flexibilité, il a mis fin à son objectif d'EBITDA à moyen terme, tout en se disant confiant dans le levier opérationnel inhérent à son modèle sur la durée.