AgroGeneration repasse au vert en 2025 malgré un chiffre d'affaires en recul de 64 %
AgroGeneration publie ses résultats annuels 2025 marqués par un paradoxe : le producteur de céréales et oléagineux ukrainien affiche un bénéfice net de 3,7 M€ après avoir accusé une perte de 1,5 M€ en 2024, mais son chiffre d'affaires s'effondre de 64 % à 8,2 M€. Cette amélioration reflète une contraction volontaire de l'activité et une réduction drastique des coûts, compensées par des prix de récoltes favorables et des gains de cession d'actifs.
Parallèlement, la dette nette du groupe bondit à 12,6 M€, portée par un nouveau financement externe contracté auprès d'Ukreximbank pour assurer le fonctionnement des opérations agricoles dans un contexte de guerre persistante.
Une production maintenue mais des ventes réduites au strict nécessaire
AgroGeneration a produit 63 000 tonnes de céréales et d'oléagineux en 2025, contre 62 000 tonnes en 2024, sur 28 000 hectares cultivés. Cette stabilité masque une réalité d'ajustement : la production de blé a atteint 28 000 tonnes avec un rendement en hausse de 20 % à 3,0 tonnes par hectare, bénéficiant d'une amélioration de la qualité (40 % classée blé meunier contre 100 % blé fourrager l'année précédente).
Le groupe a récolté environ 23 000 tonnes de tournesol, avec un rendement moyen de 1,8 tonne par hectare contre 1,9 tonne en 2024, dans un contexte de conditions météorologiques défavorables. Le groupe n'a commercialisé que 53 % de sa récolte 2025, choisissant de reporter les ventes dans l'attente de conditions de marché plus favorables. Cette stratégie explique largement l'effondrement du chiffre d'affaires : 7,9 M€ proviennent de la vente d'environ 32 000 tonnes de la récolte 2025, sans aucune vente à l'exportation en 2025 (contre une part d'environ 32 % en tonnage en 2024).
La maîtrise des coûts compense le recul des volumes
La marge brute s'établit à 5,6 M€, identique à celle de 2024 malgré la baisse spectaculaire des ventes. Ce maintien s'explique par des marges unitaires plus élevées générées par la récolte 2025, soutenues par une hausse des prix des cultures et une réorientation vers le tournesol, qui offre des marges supérieures.
Les frais commerciaux, généraux et administratifs ont chuté de 60 %, passant de 1,8 M€ à 0,7 M€, alimentés par la suppression des frais de vente liés aux exportations et par une optimisation des effectifs. Cette discipline a permis au résultat opérationnel de bondir à 5,7 M€ contre 0,7 M€ en 2024. Ajoutés à un gain net de 2,2 M€ issu de la cession de l'exploitation Podolivska fin 2025, ces éléments ont propulsé le groupe vers la rentabilité, malgré une hausse des charges financières à 4,2 M€ (contre 2,2 M€ en 2024), liée à l'augmentation de l'endettement.
2026 entre financement assuré et incertitude stratégique
Le groupe a renouvelé avec succès sa ligne de crédit auprès d'Ukreximbank en mars 2026, garantissant 7,0 M€ de financement pour le fonds de roulement. Cette continuité a permis de lancer la campagne de semis de printemps 2026 selon le calendrier prévu, avec environ 11 700 hectares à ensemencer et une surface totale cultivée envisagée de 21 000 hectares (contre 28 000 en 2025).
Toutefois, les perspectives restent très incertaines. Le groupe ne peut établir de projections fiables pour 2026 en raison de la persistance du conflit militaire en Ukraine, entré dans sa cinquième année. Les risques opérationnels demeurent majeurs : dommages potentiels aux installations situées en zone de front (région de Kharkiv), pertes de données, contraintes logistiques et accès limité aux financements. Parallèlement, la dette nette progresse de 9,2 M€ (2024) à 12,6 M€ (2025), absorbant les gains de rentabilité et renforçant la dépendance vis-à-vis du financement externe.