Alstom : commandes en hausse de 39 % à 27,6 Md€, mais la marge recule à 6,1 %
Alstom publie mercredi des résultats 2025/26 marqués par une forte dynamique commerciale avec 27,6 milliards d'euros de commandes reçues, en hausse de 39 %. Mais l'exécution de certains grands contrats de trains pèse sur la rentabilité, avec une marge d'exploitation ajustée qui recule à 6,1 % contre 6,4 % un an plus tôt. Le groupe mise sur un plan opérationnel rigoureux pour restaurer la profitabilité vers 8 à 10 % à moyen terme.
Commandes en hausse record, carnet de 104 milliards d'euros
Le groupe a enregistré une prise de commandes de 27,6 milliards d'euros au cours de l'exercice clos au 31 mars 2026, en progression de 39 % par rapport aux 19,8 milliards d'euros de l'année précédente. Cette performance est portée par des succès commerciaux en Europe (15,6 Md EUR), aux Amériques (7,9 Md EUR) et en Asie-Pacifique (2,9 Md EUR), couvrant principalement le matériel roulant et les systèmes.
Le ratio commandes sur chiffre d'affaires atteint 1,4, générant un carnet de 104,4 milliards d'euros au 31 mars 2026, en hausse de 10 % en données publiées par rapport à un an plus tôt. La marge brute du carnet s'établit à 18,0 %, en amélioration de 20 points de base.
En Europe, les contrats majeurs incluent 30 trains Avelia Horizon pour la SNCF (1,4 Md EUR), 96 rames RER NG supplémentaires (1,7 Md EUR), 42 trains Coradia Max pour la Pologne (1,6 Md EUR) et 153 trains Adessia Stream pour le Portugal (1,03 Md EUR). Aux États-Unis, Alstom a remporté un contrat de 2,0 milliards d'euros pour 316 voitures de banlieue pour la Long Island Rail Road et Metro-North Railroad.
Chiffre d'affaires en hausse mais rentabilité en retrait
Le chiffre d'affaires s'élève à 19,171 milliards d'euros, en hausse de 3,7 % en données publiées et de 7,2 % sur une base organique. En Europe, les ventes atteignent 11,6 milliards d'euros (hausse de 11 %), portées par l'exécution de contrats majeurs en cours. Aux Amériques, le chiffre d'affaires recule à 3,2 milliards d'euros (baisse de 12 % en données publiées), notamment en raison du ralentissement des projets en Amérique latine.
Le résultat d'exploitation ajusté s'établit à 1 168 millions d'euros, quasi stable par rapport aux 1 177 millions d'euros de l'exercice précédent.
La marge d'exploitation ajustée recule cependant à 6,1 %, contre 6,4 % un an plus tôt, pénalisée par une production plus faible et l'exécution de certains projets de matériel roulant qui ont freiné l'augmentation de marge prévue.
Le résultat net (part du groupe) progresse à 324 millions d'euros contre 149 millions d'euros l'année précédente. Le cash-flow libre s'élève à 336 millions d'euros, conforme aux objectifs, malgré une consommation de 171 millions d'euros du besoin en fonds de roulement liée à la montée en cadence des grandes plateformes de matériel roulant.
Alstom vise une marge de 6,5 % en 2026/27 et présentera son plan opérationnel début 2027
Pour l'exercice 2026/27, le groupe confirme sa guidance annoncée le 16 avril : marge d'exploitation ajustée d'environ 6,5 %, croissance organique du chiffre d'affaires à environ 5 %, production de 4 400 à 4 500 voitures et génération de cash-flow libre positive. Alstom anticipe une consommation de cash-flow libre d'environ 1,5 milliard d'euros au premier semestre 2026/27 en raison de la saisonnalité.
La direction a annoncé que les actions prioritaires pour 2026/27 visent à renforcer l'exécution, progresser vers une base de coûts optimisée et accélérer les économies sur les achats.
Martin Sion, directeur général, a déclaré que l'amélioration de la qualité d'exécution était la priorité, notamment par un pilotage opérationnel quotidien plus rigoureux et une meilleure coordination entre l'ingénierie, la chaîne d'approvisionnement et la production.
Alstom présentera un plan opérationnel complet et ses ambitions financières à moyen terme lors d'un Capital Markets Day début 2027. Le groupe vise une amélioration progressive de la marge d'exploitation ajustée vers un niveau de 8 % à 10 % à terme, soutenue par la transformation de la marge brute du carnet de commandes (18,0 %) en rentabilité d'exploitation et par une meilleure génération de trésorerie.