Beneteau : activité en recul en 2025 (-18 %) mais carnet de commandes en hausse pour 2026
Le constructeur nautique a essuyé en 2025 sa pire performance en deux décennies avec un chiffre d'affaires en repli de 18 % et une perte opérationnelle de 21,6 M€. Mais le groupe vendéen veut y croire : son carnet de commandes affiche déjà une hausse de 10 % pour 2026 et sa trésorerie nette reste solide à 248 M€, offrant les ressources nécessaires pour financer la relance.
Une hémorragie maîtrisée, mais une hémorragie malgré tout
Le chiffre d'affaires 2025 de Beneteau s'est établi à 848,6 M€, en baisse de 17 % à taux de change constant face à 1 034,4 M€ en 2024. Le Résultat Opérationnel Courant a viré au négatif à -21,6 M€ (soit -2,5 % du chiffre d'affaires), comparé à +75,9 M€ un an plus tôt. L'EBITDA s'est effondré de 74 %, passant de 136,3 M€ à 35,5 M€ (4,2 % du chiffre d'affaires contre 13,2 % en 2024). Le résultat net part du groupe plonge à -43,0 M€, pénalisé par une dépréciation de 29 M€ liée au désengagement des activités déficitaires de Boat Club et de Charter. Ces chiffres traduisent un premier semestre catastrophique (baisse de 27,3 %), partiellement compensé par une inflexion au second semestre (baisse de 5,2 %) grâce aux premiers modèles lancés dans le cadre de la stratégie d'accélération produit.
L'inexplicable résilience d'une trésorerie qui résiste à la tempête
Malgré la débâcle opérationnelle, Beneteau a généré un Free Cash Flow positif de 12 M€ et maintenu une trésorerie nette élevée de 248 M€ au 31 décembre 2025 (après retraitement d'un incident de paiement survenu en décembre et résorbé depuis). Cette prouesse repose sur une discipline drastique : réduction des stocks de 28 M€, limitation des investissements à 54 M€ (contre 69 M€ en 2024), et gestion rigoureuse du besoin en fonds de roulement. Le groupe a également distribué 115 M€ de dividendes au titre de 2024 et réalisé des acquisitions mineures pour 6 M€. Cette trésorerie préservée offre un amortisseur financier essentiel pour absorber la volatilité du marché nautique et financer la relance, tandis que le groupe propose même un dividende de 0,20 € par action pour 2026.
Le pari ambitieux d'une relance : 24 nouveautés en 2026 et des marges promises
Le groupe aborde 2026 avec un carnet de commandes affichant une progression de plus de 10 % à fin février, en hausse de 5 % pour la Voile (dans un marché en retrait) et de 14 % pour le Moteur (attendu stable). Cette amélioration repose sur le déploiement du plan d'accélération : 24 nouveaux modèles sont prévus en 2026 dans la continuité des 66 lancements programmés entre 2025 et 2027. Dans un environnement où les stocks des réseaux de distribution sont désormais normalisés, cette dynamique devrait permettre une croissance significative des ventes. Beneteau table en parallèle sur des gains de compétitivité de 5 M€ à 10 M€ et la stabilisation des coûts liés au déploiement de son nouvel ERP (qui avait généré 11 M€ de surcoûts en 2025). Ces deux leviers conjugués aux premiers effets des lancements produit doivent permettre un redressement de la marge opérationnelle dès 2026. Le groupe a également restructuré ses organisations, créant une nouvelle Direction des projets pour accélérer les développements tout en poursuivant sa montée en gamme et réduisant ses délais de compétitivité. Pour les investisseurs, l'enjeu demeure brutal : Beneteau doit transformer sa promesse de rebond en réalité à un moment où l'incertitude macroéconomique persiste et où les marchés de la plaisance restent fragiles. La progression du carnet de commandes et la solidité de la trésorerie offrent des signaux encourageants, mais l'exécution du plan de 24 nouveautés en 2026 sera déterminante pour valider la crédibilité du scénario.