Galp : 812 M€ de résultat net au S1, mais les renouvelables décrochent
Les résultats du premier semestre reflètent une dépendance marquée aux prix des commodités et à la volatilité des marchés internationaux. Bien que le résultat net ajusté atteigne 812 millions d'euros grâce à la production du champ de Bacalhau au Brésil et à des marges de raffinage situées à 15,8 dollars par baril, Galp doit affronter une contradiction interne : ses renouvelables, dopées par une acquisition espagnole de 350 mégawatts éoliens et 230 mégawatts solaires, voient leurs résultats fondre de moitié en comparaison annuelle.
Cet écart révèle le défi auquel fait face le groupe : faire monter en puissance une rentabilité durable des renouvelables, alors que ce segment subit la chute des prix de l'électricité, quand l'essentiel des résultats reste tiré par le pétrole et des marges de raffinage dont le niveau élevé actuel n'est pas garanti dans la durée.
L'investissement de 800 millions d'euros annoncé, concentré à 70 % sur la Péninsule Ibérique et les renouvelables, accentue cette tension entre court terme et long terme.
Production brésilienne et marges de raffinage portent la performance
Le résultat net ajusté (RCA) atteint 812 millions d'euros au premier semestre, soutenu par deux leviers distincts. D'une part, l'EBITDA de l'amont (Upstream) bondit de plus de 70 % en raison de la hausse de 17 % de la production pétrolière et gazière et d'une augmentation de 28 % du prix moyen du Brent à 92,3 dollars le baril. La mise en exploitation du champ de Bacalhau explique l'essentiel de cette hausse. L'EBITDA du segment Upstream représente 62,5 % de l'EBITDA total du groupe, soit plus de 2,2 milliards d'euros au premier semestre (en hausse de 47 %).
D'autre part, le segment Industrial et Midstream (I&M) bénéficie de marges de raffinage historiquement élevées à 15,8 dollars par baril, générant un EBITDA en hausse de 22 % semestriellement pour atteindre 656 millions d'euros. Ces deux segments génèrent à eux seuls la quasi-totalité de la profitabilité du groupe, laissant peu de marge aux autres activités.
Les renouvelables progressent en capacité mais reculent en résultats
Le portefeuille de renouvelables s'est étoffé au premier semestre avec l'acquisition d'une capacité éolienne de 350 mégawatts en Espagne, la mise en ligne de 230 mégawatts solaires et l'ajout de 55 mégawatts de stockage par batteries. En dépit de cette progression opérationnelle significative, l'EBITDA des renouvelables atteint seulement 11 millions d'euros au second trimestre et chute à environ la moitié du niveau du premier semestre 2025. Cette désynchronisation s'explique principalement par la chute des prix de l'électricité au premier trimestre, amplifiée par une production hydraulique abondante en Espagne. Le groupe se trouve ainsi confronté à une réalité : augmenter sa capacité renouvelable ne se traduit pas automatiquement par une amélioration des résultats dans un contexte de baisse des prix.
Cet écart met en lumière la nature différente des deux moteurs de croissance de Galp : l'amont pétrolier prospère grâce aux prix élevés, tandis que les renouvelables subissent la volatilité des prix de l'électricité.
Un investissement massif en transition pour stabiliser la rentabilité future
Galp a investi 696 millions d'euros au premier semestre, soit une hausse de 44 % en glissement annuel. Plus de 70 % de cet investissement cible la Péninsule Ibérique, notamment 109 millions d'euros à la raffinerie de Sines pour développer des projets bas-carbone. Au total, 63 % de l'investissement semestriel, soit 442 millions d'euros, est dédié à la transition énergétique (renouvelables, transformation de Sines, hydrogène vert et combustibles bas-carbone).
L'effort d'investissement s'intensifie nettement : l'investissement net après désinvestissements (net capex) atteint 799 millions d'euros sur le semestre, contre une entrée nette de capital un an plus tôt, traduisant le basculement du groupe vers une phase de déploiement. Cette stratégie révèle la conviction de la direction selon laquelle l'avenir passe par une diversification des sources de revenus, même si cela exige des dépenses initiales importantes et que les marges de raffinage actuellement élevées pourraient ne pas perdurer.