Ipsen finalise le rachat de Kartos et enrichit son portefeuille en myélofibrose
Le laboratoire biopharmaceutique a bouclé l'acquisition de la société américaine Kartos Therapeutics, ajoutant à son portefeuille le navtemadlin, un traitement expérimental de la myélofibrose alors en essai de phase III.
Ipsen intègre le navtemadlin, inhibiteur oral de MDM2
Ipsen a annoncé le 21 août 2026 avoir finalisé le rachat de Kartos Therapeutics, une société biopharmaceutique au stade clinique. L'opération apporte au groupe le navtemadlin, un inhibiteur oral de MDM2 en développement dans la myélofibrose.
Le candidat est étudié en association avec le ruxolitinib chez des patients atteints de myélofibrose présentant une réponse jugée sous-optimale à ce traitement de référence. L'étude de phase III POIESIS doit déterminer si l'ajout du navtemadlin améliore les résultats cliniques par rapport au ruxolitinib administré seul dans cette population.
Selon le groupe, les données cliniques précoces indiquent que le navtemadlin pourrait transformer des réponses sous-optimales au ruxolitinib en réponses cliniquement significatives chez les patients à risque intermédiaire et élevé et de statut TP53 sauvage. Ipsen évoque un potentiel bénéfice modificateur de la maladie, en plus de meilleurs résultats cliniques.
L'acquisition intervient un mois après un revers clinique pour le laboratoire, qui avait annoncé le 24 juillet 2026 l'échec de son essai de phase III BOLD sur Bylvay dans l'atrésie des voies biliaires, une maladie hépatique pédiatrique rare.
Myélofibrose : interruptions fréquentes du traitement de référence
La myélofibrose est un néoplasme myéloprolifératif fréquemment lié à des altérations de la voie JAK/STAT, dans lequel les patients développent une fibrose de la moelle osseuse. Le déclin de la fonction médullaire déplace la production sanguine vers d'autres organes, le plus souvent la rate, entraînant une splénomégalie, avec un risque de transformation en leucémie myéloïde aiguë.
L'âge médian au diagnostic se situe entre 67 et 69 ans, et la maladie touche environ 1,5 personne sur 100 000 aux États-Unis et en Europe. Entre 75 et 89 % des patients présentent un risque intermédiaire ou élevé au moment du diagnostic, et plus de 95 % sont de statut TP53 sauvage.
Le ruxolitinib, un inhibiteur de JAK, constitue le traitement de référence de première ligne. Selon le communiqué, une proportion importante de patients présente toutefois une réponse initiale sous-optimale, et environ 50 à 75 % interrompent le traitement après trois ans.
La survie globale médiane est généralement de un à deux ans après l'arrêt du traitement, un élément mis en avant par le groupe pour justifier le besoin de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Ipsen poursuit son développement en oncologie
Ipsen (Euronext : IPN ; ADR : IPSEY) est une entreprise biopharmaceutique active dans trois aires thérapeutiques : l'oncologie, les maladies rares et les neurosciences. Le groupe indique s'appuyer sur des pôles situés aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni, avec des équipes présentes dans plus de 40 pays.
Cette acquisition s'inscrit dans une séquence chargée pour le laboratoire. Le 30 juillet 2026, il avait relevé sa guidance annuelle, avec une croissance attendue au-delà de 20 % et une marge opérationnelle visée au-delà de 37 %.