L'action Airbus repasse sous les 164 euros, plombée par la flambée du pétrole
Le titre du constructeur aéronautique européen cède près de 3 % ce jeudi, dans un marché parisien fragilisé par l'escalade au Moyen-Orient. Airbus évolue à 163,22 euros, bien en dessous de ses moyennes mobiles de court et moyen terme, tandis que l'assemblée générale du groupe est programmée dans moins de deux semaines.
Un repli amplifié par un environnement de marché dégradé
Le titre Airbus recule de 2,79 % à 163,22 euros en séance, après une clôture à 167,90 euros la veille. Ce repli s'inscrit dans une tendance baissière plus large : sur les trois derniers mois, la valeur a perdu 17,73 %, et le recul hebdomadaire atteint 3,11 %. Le CAC 40 perd lui-même 1,28 % en séance, dans un contexte marqué par l'intensification du conflit entre Washington et Téhéran. Le démenti iranien sur un éventuel cessez-le-feu et la poursuite annoncée des frappes américaines alimentent la nervosité sur les places européennes. Le rebond du baril de Brent autour de 108 dollars, en hausse de plus de 6 % en vingt-quatre heures, pèse sur les coûts du secteur aéronautique, fortement dépendant du kérosène. Les pairs d'Airbus souffrent également : Safran abandonne 1,89 % et Schneider Electric cède 4,33 %.
Le groupe a par ailleurs confirmé que son module de service européen intégré au vaisseau Orion de la NASA est désormais prêt pour le lancement de la mission Artemis II, qui ramènera des astronautes vers la Lune pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle. Si ce jalon industriel illustre les capacités technologiques du groupe dans le spatial, il n'a pas suffi à soutenir le cours dans le climat actuel.
Des indicateurs techniques qui signalent une pression vendeuse persistante
Sur le plan de l'analyse technique, le cours d'Airbus s'enfonce sous l'ensemble de ses moyennes mobiles de référence. À 163,22 euros, il évolue nettement sous la MM50, positionnée à 182,32 euros, et plus encore sous la MM200 à 190,80 euros, traduisant une dynamique baissière installée depuis plusieurs semaines. Le RSI, à 45, demeure en zone neutre mais oriente vers le bas, ce qui reflète un manque d'élan acheteur sans toutefois signaler de situation de survente.
Le prochain seuil de support identifié se situe à 159,18 euros, soit à peine 2,5 % en dessous du cours actuel. Un franchissement à la baisse de ce niveau pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase de correction. L'assemblée générale du 14 avril puis la publication des résultats du premier trimestre le 28 avril constituent les deux prochaines échéances majeures susceptibles d'infléchir la trajectoire du titre.