L'action Eiffage repasse sous les 102,75 € et prolonge sa chute
Le titre du groupe de construction et de concessions autoroutières poursuit son repli ce mercredi, dans un CAC 40 lui-même orienté à la baisse. Le franchissement du support à la baisse intervient alors que le contexte du bâtiment reste difficile et que la brève publiée hier avait déjà signalé une dégradation technique marquée.
Un franchissement du support à 102,75 € qui prolonge un repli trimestriel de près de 22 %
Eiffage cède 1,9 % à 100,80 € en séance, après avoir enfoncé son support à 102,75 € dans la journée. Le titre figure parmi les plus fortes baisses du CAC 40, dans un indice qui recule de 0,58 % au même moment. Sur un mois, le repli atteint 8,11 % ; sur trois mois, il dépasse 21,6 %, ce qui illustre l'ampleur de la glissade depuis l'été.
Le RSI est à 30, en zone qui signale un épuisement vendeur sans toutefois signifier un retournement immédiat, et le MACD Histogram repasse légèrement positif à 0,11, ce qui traduit une pression baissière qui se stabilise en rythme, sans disparaître. Le titre reste très largement en dessous de ses trois moyennes mobiles : la MM20 est à 107,06 €, la MM50 à 114,91 € et la MM200 à 126,36 €, soit des écarts respectifs de près de 6 %, 12 % et 20 % au-dessus du cours actuel. La résistance la plus proche est à 119,20 €, très loin du niveau de cotation du jour.
Des fondamentaux sous pression et un secteur de la construction en contraction en France
Lors de la publication des résultats du premier semestre 2026 (le 27 août 2026), Eiffage avait anticipé une croissance d'activité d'une ampleur moindre qu'en 2025. Parmi les risques cités figuraient notamment une baisse de 2,5 % du trafic autoroutier APRR et AREA, pénalisé par des prix des carburants élevés, ainsi qu'un chiffre d'affaires international hors Europe en repli de 37,1 %. Le carnet de commandes des Travaux progressait en revanche de 7 % sur un an, et le développement en Europe hors France affichait +8 %, deux points d'appui cités parmi les éléments de résilience du groupe.
Sur le plan sectoriel, le climat de la construction en France reste pesant : la production recule de 5,2 % sur un an selon Eurostat, les carnets de commandes affichent un solde de -33 et les permis de logements ont reculé de 9,5 % sur douze mois. À titre de comparaison, Bouygues cède 1,81 % et Vinci lâche 1,57 % en séance, ce qui signale une pression généralisée sur le secteur. Selon le consensus des analystes recensés, l'action se traite à environ 8,9 fois les bénéfices attendus pour l'exercice en cours, ce qui donne une indication du niveau de valorisation auquel le marché intègre actuellement les perspectives du groupe.