L'action Kering sous pression : le luxe plombé par la Chine et la conjoncture
Le titre du groupe de luxe recule nettement en séance dans un marché parisien lourd où le compartiment du luxe figure à nouveau parmi les principaux poids du CAC 40. La séance se déroule sur fond de dégradation marquée de la conjoncture française, à deux jours de l'assemblée générale du propriétaire de Gucci.
Kering parmi les plus fortes baisses du CAC 40 dans un compartiment luxe sanctionné
L'action Kering perd 1,92 % à 242,55 €, parmi les plus fortes baisses du CAC 40, qui cède 0,99 %. Le compartiment du luxe est lourdement attaqué ce matin, avec Hermès en queue de l'indice (-2,85 %).
L'enquête PMI Flash S&P Global publiée ce mardi montre une activité française tombée à 43,5 en mai, son plus bas depuis novembre 2020. La demande extérieure s'est repliée à son rythme le plus marqué depuis dix-huit mois, et l'inflation des coûts a bondi sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie. Un environnement macro qui pèse mécaniquement sur les valeurs cycliques exposées au pouvoir d'achat haut de gamme.
La conjoncture du luxe reste par ailleurs dégradée en Chine, marché-clé du groupe : les ventes de bijouterie et d'or y ont chuté de 21,3 % sur un an en avril selon le NBS, alors que le retail global progresse à peine (+0,2 %). Sur un mois, le titre Kering avait déjà été malmené par les tensions au Moyen-Orient, avant un rebond ponctuel le 6 mai, puis une nouvelle dégradation d'analyste la semaine dernière. Sur trois mois, l'action accuse un repli de 15,72 %, alors que la performance reste positive sur un an, à près de 40 %.
Le titre revient sous la MM50, l'assemblée générale fixée au 28 mai
Le cours évolue désormais entre sa moyenne mobile à 20 jours (239,89 €), légèrement franchie à la hausse, et la MM50 à 248,01 €, repassée au-dessus du titre après la rechute des dernières séances. L'écart à la moyenne 200 jours reste significatif, à près de 11 % sous les 272,42 €, signe que la tendance de moyen terme demeure dégradée. Le RSI à 53 reste neutre et ne signale ni excès vendeur, ni rebond technique en cours.
Le support identifié à 227,25 €, déjà testé le 18 mai et fin avril, reste la zone basse de référence pour le titre. La résistance des 280 € apparaît hors de portée à court terme, compte tenu de la distance qui sépare le cours actuel de la MM200.
Sur le plan de la valorisation, l'action se paie environ 36,9 fois les bénéfices attendus de l'exercice en cours et 24,5 fois ceux de l'exercice suivant, selon le consensus des analystes recensés. Un multiple qui reflète l'attente d'un redressement progressif des résultats, mais qui pourrait laisser peu de marge si la dynamique commerciale chinoise ne se stabilise pas. Prochain rendez-vous statutaire : l'assemblée générale est convoquée le 28 mai 2026.