L'action Ontex Group affiche un rebond de 4,1 % à mi-séance ce mercredi 17 décembre, à 4,57 euros, après avoir atteint lundi un creux à 4,39 euros qui constitue désormais son principal support technique immédiat. Les volumes échangés restent limités, à 0,14 % du capital, traduisant une activité modérée qui ne permet pas de conclure à un véritable retournement de tendance. Ce mouvement de reprise intervient après deux séances consécutives de baisse marquée qui ont amplifié la chute déclenchée le 11 décembre, lorsque le fabricant belge de produits d'hygiène avait annoncé un troisième avertissement sur résultats en deux ans. Sur une semaine, le titre accuse toujours un recul brutal de 29,15 %, tandis que la performance trimestrielle s'établit à -26,76 % et la perte annuelle à -44,4 %. Cette dynamique catastrophique reflète la défiance structurelle des investisseurs face à l'incapacité du groupe à enrayer l'érosion de sa demande en Europe et en Amérique du Nord, dans un contexte de consommation atone pour les marques de distributeurs et d'intensification des promotions par les grandes marques.Le 11 décembre dernier, Ontex avait revu à la baisse son EBITDA ajusté pour 2025, désormais attendu entre 175 et 180 millions d'euros contre 200 à 210 millions précédemment, soit une révision d'environ 13 % au point médian. Cette dégradation résulte d'une demande plus faible que prévu pour les couches pour bébés en octobre et novembre, et de volumes inférieurs aux attentes sur les nouveaux contrats. Le chiffre d'affaires à périmètre comparable devrait désormais reculer de 5 à 6 %, contre 1 à 3 % anticipé auparavant. Le ratio d'endettement devrait grimper à 3,2 fois l'EBITDA contre 2,5 fois attendu, accentuant les inquiétudes quant à la solidité financière du groupe. Des indicateurs techniques au plancher signalant une survente extrême Le RSI (Relative Strength Index), indicateur de force relative, s'établit à 17, un niveau très largement sous le seuil de survente fixé à 30, témoignant d'un épuisement marqué de la pression vendeuse et d'une situation de survente extrême. Ce niveau exceptionnellement bas suggère que le titre a été massivement bradé et qu'un rebond technique, même limité, devient statistiquement probable à court terme, comme observé ce mercredi. Toutefois, un RSI bas ne garantit en rien un retournement durable et peut persister plusieurs séances dans un marché orienté à la baisse.Le flux monétaire de Chaikin (CMF), à -0,32, confirme quant à lui une pression vendeuse persistante et soutenue, indiquant que les volumes échangés continuent d'accompagner la baisse malgré le rebond de ce jour. Cet indicateur, qui mesure l'accumulation ou la distribution d'un titre sur une période donnée, témoigne d'une défiance institutionnelle profonde et d'une absence de retour des acheteurs structurels. Le cours actuel reste largement sous les moyennes mobiles de référence : 6,07 euros pour la MM20, 6,19 euros pour la MM50 et 6,96 euros pour la MM200, soit un écart de plus de 30 % avec cette dernière, confirmant une tendance baissière de fond. Les bandes de Bollinger encadrent le mouvement entre 4,78 euros (borne inférieure) et 7,37 euros (borne supérieure), mais le cours évolue désormais dans la zone basse, proche du plancher technique. Un plan de réduction des coûts de 200 millions d'euros et un changement de direction en vue Face à la dégradation continue de son environnement de marché, Ontex a annoncé le 11 décembre l'accélération d'une initiative d'amélioration de l'efficacité couvrant les opérations et les frais généraux, avec un objectif ambitieux de 200 millions d'euros d'économies sur trois ans. Les coûts de mise en œuvre de ce plan devraient rester inférieurs à 40 millions d'euros. Cette offensive sur les coûts vise à restaurer la compétitivité du groupe et à soutenir l'amélioration des marges ainsi que la génération de flux de trésorerie, dans un contexte de recul structurel des volumes. Les résultats complets et les perspectives pour 2026 seront détaillés en février prochain, date à laquelle le marché espère obtenir des signes tangibles d'amélioration opérationnelle.Parallèlement, le conseil d'administration a désigné Laurent Nielly, actuellement président de la division Europe, comme prochain directeur général à compter du 5 mai 2026. Il succédera à Gustavo Calvo Paz, qui aura dirigé le groupe durant une période de transformation stratégique marquée par la cession d'activités non essentielles et l'optimisation de l'empreinte opérationnelle. Ce changement de gouvernance intervient à un moment charnière où le groupe doit impérativement démontrer sa capacité à inverser la tendance et à regagner la confiance des investisseurs institutionnels. La volatilité sur un mois atteint 24,19 %, un niveau élevé qui traduit l'incertitude persistante autour de la capacité d'Ontex à stabiliser son activité dans un marché hautement concurrentiel et en pleine mutation.