L'action Saint-Gobain enfonce son support à 69,04 € et décroche encore
Saint-Gobain subit un nouveau coup de pression ce jeudi, alors que le CAC 40 cède lui-même plus d'un point en séance. Le fabricant de matériaux de construction et vitrage accumule désormais un repli de près de 15 % sur un mois, dans un contexte de conjoncture bâtiment particulièrement dégradé en Europe.
Un repli de 3 % qui enfonce encore davantage le titre sous ses moyennes mobiles
L'action Saint-Gobain perd 3,1 % en séance à 66,90 €, se classant parmi les plus fortes baisses du CAC 40, dans un marché parisien lui-même orienté à la baisse. Le titre s'inscrit à 5,97 % sous sa MM20 (71,15 €) et à près de 13 % sous sa MM50 (76,73 €), illustrant la profondeur de la tendance baissière engagée depuis plusieurs semaines. Sur un an, le recul atteint 27 %.
Le RSI à 35 traduit une pression vendeuse persistante sans toutefois signaler une survente extrême, contrairement aux niveaux proches de 27 observés lors du rebond de fin septembre. La résistance à 82,30 € reste très loin au-dessus du cours actuel, tandis que le support précédent à 69,04 € (cours de clôture de la veille) a cédé dès l'ouverture. La conjoncture de fond n'aide pas : le climat dans la construction ressort à -17,2 en France en septembre, avec des permis de logements en recul de 9,5 % sur douze mois et un flux net de crédits habitat négatif à -960 millions d'euros.
Rothschild & Co Redburn maintient l'achat mais abaisse son objectif à 101 €, soit un potentiel de hausse de 51 %
Malgré la glissade du titre, les analystes ne lâchent pas leur avis positif. Rothschild & Co Redburn a maintenu son opinion à l'achat le 29 septembre tout en abaissant son objectif de cours de 103 € à 101 €. Au cours actuel de 66,90 €, cela représente un potentiel de hausse de près de 51 %, signe que le bureau d'analyse juge le repli excessif par rapport aux fondamentaux de long terme du groupe.
Saint-Gobain conduit par ailleurs un programme de rachat d'actions significatif : 791 millions d'euros d'actions ont été rachetés sur douze mois, soit 2,4 % de la capitalisation selon la dernière déclaration de l'émetteur datée du 28 septembre 2026. Ce soutien technique ne suffit pas pour l'heure à enrayer la baisse, dans un contexte macro où l'inflation accélère en zone euro (3,4 % en France en septembre, 5,0 % en Espagne) sous l'effet du choc énergétique, alors que les marchés intègrent des anticipations de hausses de taux supplémentaires de la BCE.