L'action STMicroelectronics plonge de 5 % et devient lanterne rouge du CAC 40
Coup d'arrêt brutal pour le fabricant franco-italien de semi-conducteurs. Le titre plonge en milieu de matinée et se retrouve en lanterne rouge de l'indice parisien, à contre-courant d'un marché parisien bien orienté. Le mouvement s'inscrit dans un repli marqué des équipementiers européens du secteur.
Le titre lâche plus de 5 % et repasse sous sa moyenne mobile à 20 jours
L'action STMicroelectronics perd 5,13 % à 60,11 €, lanterne rouge du CAC 40 pendant que l'indice parisien gagne 0,43 %. Le repli s'accompagne d'un décrochage des pairs européens, ASML et ASM International cédant chacun plus de 5 %, ce qui replace le mouvement dans une dynamique sectorielle défavorable plutôt que dans un fait propre au groupe. Techniquement, la baisse fait repasser le titre sous sa moyenne mobile à 20 jours, à 64,55 €, l'écart ressortant désormais négatif de près de 7 %. Le RSI à 54 reste toutefois neutre, ce qui traduit davantage une purge après le rallye du printemps qu'un basculement de tendance : la MM50 à 53,94 € et la MM200 à 31,91 € demeurent très nettement sous le cours, avec un écart de plus de 88 % pour cette dernière.
Le support identifié à 52,15 € offre de la marge, tandis que la résistance à 69,39 € s'éloigne après le repli du jour. La séance vient effacer une partie du gain récent, avec un recul de 5,46 % sur la semaine et de 4,31 % sur un mois. La performance à trois mois reste néanmoins spectaculaire, à +106,7 %, et le titre affiche plus de 121 % de progression sur un an.
Une valorisation tendue à digérer après un rallye historique de 106 % sur trois mois
Le repli du jour intervient après plusieurs séances de va-et-vient qui trahissent la difficulté du marché à assumer les niveaux de valorisation atteints. Selon le consensus des analystes recensés, le titre se paie environ 52,3 fois les bénéfices attendus pour l'exercice en cours et 26,8 fois ceux de l'exercice suivant, sur la base d'un bénéfice par action publié en dollars et converti en euros. Ces multiples élevés fragilisent mécaniquement le titre en cas de repli sectoriel, comme celui observé ce mardi sur les équipementiers européens. Le contexte macroéconomique fournit une toile de fond mitigée pour un fabricant exposé aux cycles américain et chinois.
Aux États-Unis, la production industrielle progresse de 1,7 % sur un an en mai et les ventes au détail affichent +6,6 %. En Chine, le PMI manufacturier ressort en zone d'expansion à 50,3 en avril, mais le PMI non-manufacturier retombe à 49,4 et l'indicateur avancé de l'OCDE reste sous sa tendance à 98,91. Après le lancement en juin d'une puce sécurisée post-quantique pour smartphones et d'un module Lidar 3D pour l'IA embarquée, la question posée par la séance du jour est celle de la digestion d'un parcours boursier qui a plus que doublé en trois mois.