L'action Vinci décroche de 3,5 % et casse son support des 121,70 €
Le titre du groupe de concessions et de construction traverse une séance difficile en milieu de journée, dans un CAC 40 lourdement sanctionné par le regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La valeur s'inscrit dans le sillage baissier des cycliques françaises et casse un seuil technique surveillé depuis plusieurs séances.
Une cassure du support à 121,70 € qui éloigne le titre de ses trois moyennes mobiles
L'action Vinci cède 3,56 % à 119,10 €, dans un CAC 40 qui perd 2,25 % au même moment. Le titre a enfoncé en séance son support des 121,70 €, seuil sous lequel il reste coté à la mi-journée. Le mouvement se double d'un décrochage sous les trois moyennes mobiles de référence : le cours est désormais 5,38 % sous la MM20 (125,87 €) et 6,67 % sous la MM50 (127,61 €), la MM200 à 124,28 € ayant elle aussi été perdue. Le RSI à 56 reste pourtant en zone neutre, signe que la baisse du jour ne suffit pas encore à créer une configuration de survente.
La valeur se replie de 6,81 % sur la semaine et de 8,81 % sur trois mois, écarts qui traduisent une dynamique dégradée bien avant la séance du jour. Deux comparables directs suivent la même pente, Eiffage cédant 3,46 % et Bouygues 2,15 %, dans un contexte de spike de volatilité (VIX à 18,63, +19,65 %) lié à l'escalade militaire directe entre Washington et Téhéran et à la revendication iranienne de frappes sur des installations au Koweït et à Bahreïn. Le Brent bondit de 5,70 % à 76,09 dollars, ce qui alourdit mécaniquement les coûts carburant du secteur de la construction.
Deux abaissements d'objectifs de cours et un carnet de commandes qui ne soutient pas le titre
Coté avis d'analystes, Vinci a subi deux révisions à la baisse dévoilées le 6 juillet : Jefferies a ramené son objectif de 145 à 142 euros tout en maintenant son opinion à l'achat, et Barclays a abaissé sa cible de 160 à 145 euros en gardant une opinion à surpondérer. Ces deux objectifs offrent respectivement un écart de 19,2 % et 21,7 % par rapport au cours actuel. Ces révisions interviennent alors même que le groupe engrangeait des contrats commerciaux significatifs.
Le 6 juillet, la filiale britannique FM Conway a remporté plusieurs contrats routiers dans le Grand Londres représentant environ 70 M€ annuels, tandis que Vinci Construction avait été retenue fin juin pour le second bâtiment du CHU de Reims (157 M€ pour la filiale). La conjoncture bâtiment française reste dégradée, avec un climat construction à -18,2 en juin, des carnets de commandes à -33 et une activité TP en repli de 10 % sur trois mois selon la FNTP. Les investisseurs surveilleront la publication du chiffre d'affaires semestriel dans les prochaines semaines pour mesurer la traduction opérationnelle de ces contrats.