Nucléaire : EDF pourrait confier 10 Mds€ de génie civil de l'EPR2 à un groupement de cinq entreprises BTP, dont Vinci, Eiffage et Bouygues
EDF prépare un changement majeur dans la gestion du génie civil de ses futurs réacteurs. Selon Les Échos, un groupement réunissant Bouygues, Eiffage, Vinci, NGE et Fayat aurait été présélectionné pour les travaux de fondations et bâtiments des six EPR2 prévus.
Un groupement français pour le génie civil des EPR2
EDF envisagerait de confier l'ensemble du génie civil des six futurs réacteurs EPR2 à un groupement inédit réunissant cinq grands acteurs du bâtiment et des travaux publics français : Bouygues, Eiffage, Vinci, NGE et Fayat. Selon le quotidien Les Échos, ces groupes auraient été présélectionnés et pourraient remettre leur proposition à EDF d'ici la fin de l'été. Le contrat porterait sur les fondations et bâtiments sécurisés des trois paires d'EPR2 envisagées. Aucune signature n'aurait encore eu lieu à ce stade.
Un marché estimé à 10 milliards d'euros
Le gros œuvre des futurs réacteurs est estimé à environ 10 Mds€ en euros de 2020. Selon les sources citées par Les Échos, le projet commun pourrait viser une réduction de facture de 20 % à 30 % par rapport aux prévisions initiales. Cette approche marque une inflexion significative : Eiffage avait remporté seul en 2023 le génie civil des deux premiers EPR2 de Penly pour plus de 4 Mds€. Avec ce schéma collectif, EDF chercherait à industrialiser davantage la construction des futurs réacteurs et à dupliquer les méthodes de chantier d'un site à l'autre, notamment après les dérives de Flamanville et les retards observés sur d'autres grands chantiers nucléaires.
Des validations réglementaires avant une décision fin 2026
Le programme reste suspendu à plusieurs validations déterminantes. EDF doit obtenir l'approbation de la Commission européenne sur les aides d'État et celle de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour le permis de construire de Penly. Une décision formelle d'investissement est attendue en fin d'année 2026.