Ontex abaisse sa guidance 2026 et vise 240 M€ d'économies d'ici 2028
Le groupe belge de produits d'hygiène Ontex a publié ses résultats semestriels le 30 juillet 2026 marqués par une stabilisation progressive du chiffre d'affaires, mais une profitabilité dégradée. Face à un environnement de marché plus volatile et des coûts d'intrants persistants, le groupe abaisse sa guidance annuelle et déploie un plan de restructuration fondamentale destiné à générer 240 millions d'euros d'économies d'ici fin 2028.
Revenus stables mais EBITDA réduit au premier semestre
Ontex a enregistré un chiffre d'affaires de 855 millions d'euros au premier semestre 2026, en recul de 2,9 % en données comparables par rapport à la même période de 2025. Ce déclin résulte intégralement de contractions de volumes, le mix prix-produit restant largement stable. En détail, l'activité soins des adultes a progressé de 0,8 %, bénéficiant d'une demande soutenue dans le secteur médico-sanitaire européen, tandis que les canaux de distribution au détail ont affiché une performance plus modérée. Les soins féminins ont reculé de 6,4 % en données comparables, principalement du fait des baisses en fabrication pour compte d'autrui, le segment retail ayant pour sa part surperformé légèrement les marques distributeurs. L'activité bébé a cédé 6,8 %, impactée par des volumes contractuels en recul en Amérique du Nord et des arrêts de contrats en marchés émergents. L'ajustement pour change, dominé par la dépréciation du dollar, a pesé pour 2,5 points de pourcentage supplémentaires sur le chiffre d'affaires. L'EBITDA ajusté s'établit à 78,1 millions d'euros, en baisse de 9,4 % comparé aux 86,2 millions de 2025. Cette contraction est entièrement attribuable au recul des volumes, qui représente un impact négatif de 12 millions d'euros. Les programmes de productivité en cours ont partiellement compensé les inefficacités de la chaîne d'approvisionnement du premier trimestre et les pressions inflationnistes sur les coûts d'intrants.
Guidance annuelle abaissée sur un contexte inflationniste persistant
Ontex révise à la baisse son objectif d'EBITDA ajusté pour l'ensemble de 2026, à une fourchette de 165 à 180 millions d'euros, comparée aux 176 millions enregistrés en 2025. Cette révision représente une contraction de 6 % à une croissance de 3 % contre une attente antérieure de progression d'environ 10 %. Le groupe impute cette révision à l'escalade de l'instabilité géopolitique générant des coûts d'intrants volatiles et supérieurs aux estimations initiales, ainsi qu'à une demande client persistant à être atone. Le groupe table désormais sur un free cash-flow compris entre moins 25 et moins 10 millions d'euros, contre une prévision antérieure tournée vers le positif et un résultat de moins 25 millions en 2025. Le ratio de levier financier devrait rester inférieur à 3,5x en fin d'année, contre une cible antérieure de 3,0x ou moins. Au premier semestre, le levier s'est amélioré à 3,2x depuis 3,3x à fin 2025, bénéficiant d'un flux de trésorerie positif et de l'amélioration des flux liés aux opérations de désinvestissement.
Plan de transformation visant 240 millions d'euros d'économies cumulées
Ontex a finalisé son examen stratégique et lancé un programme de restructuration fondamentale décliné en quatre axes stratégiques. Le groupe entend augmenter l'efficacité structurelle en renforçant son programme « Focus to Value » (augmentation de 40 millions d'euros d'EBITDA d'ici fin 2028, portant le total des économies cibles à 240 millions), réinitialiser l'approche en Amérique du Nord en privilégiant la rentabilité à la croissance de volume, accélérer la croissance des soins des adultes en Europe et adopter une approche plus ciblée pour préserver les positions en soins du bébé et soins féminins en Europe. Cette transformation implique une réduction de plus de 20 % des effectifs non manufacturiers d'ici fin 2028, des coûts de restructuration supplémentaires compris entre 30 et 35 millions d'euros étalés sur 24 mois, ainsi que des dépréciations d'actifs non-monétaires de 144 millions d'euros dont 51 millions d'euros de goodwill relatif à l'Amérique du Nord et 93 millions d'euros principalement liés à l'ajustement des capacités de production en soins du bébé et féminins.