Reed lance la conversion de 143,9 M€ de dettes, les actionnaires ramenés à 0,24 %
Dans un communiqué publié le 2 novembre 2026, REED (anciennement Realites) a annoncé le lancement des trois augmentations de capital réservées prévues par son plan de redressement. Elles sont libérées par compensation de créances. Selon la société, les actionnaires actuels verraient leur participation ramenée à environ 0,24 % du capital à l'issue de l'opération.
Trois émissions réservées aux créanciers, à des prix de 0,05 € à 0,35 €
Les trois émissions portent sur un maximum de 1 994 074 877 actions nouvelles, pour un montant brut total maximal de 143,9 M€, prime d'émission incluse. Elles sont réservées respectivement aux créanciers sécurisés, chirographaires et subordonnés. Elles mettent en œuvre l'option de conversion des créances en capital prévue par le plan, telle qu'exercée par les créanciers concernés.
Les créanciers sécurisés souscrivent jusqu'à 680 071 503 actions à 0,05 € (34 M€ au plus). Les chirographaires souscrivent jusqu'à 1,25 milliard d'actions à 0,07 € (87,5 M€), et les subordonnés jusqu'à 64 003 374 actions à 0,35 € (22,4 M€).
Rapportés au cours de clôture de 0,474 € du 29 octobre 2026, ces prix font apparaître des décotes de 89,45 %, 85,23 % et 26,16 %. Les trois opérations sont inter-conditionnées et seront réalisées de manière concomitante. Selon la société, elles permettront de réduire son endettement financier, sans générer de produit en numéraire.
Les créanciers appelés à détenir l'essentiel du capital
Selon le calendrier indicatif, le règlement-livraison et l'admission des actions nouvelles sur Euronext Growth Paris interviendraient le 6 novembre 2026, sur la même ligne de cotation que les titres existants. L'opération a fait l'objet d'un prospectus approuvé par l'AMF le 30 octobre 2026 sous le numéro 26-377.
Dans l'hypothèse d'une émission maximale, les créanciers chirographaires détiendraient 62,54 % du capital (dont 31,21 % pour Homunity), les créanciers sécurisés 34,02 % et les créanciers subordonnés 3,20 %. La société oRigine, aujourd'hui premier actionnaire avec 57,55 % du capital, verrait sa part ramenée à 0,14 %.
Un actionnaire détenant 1 % du capital avant l'opération en détiendrait environ 0,0024 % après, ce que la société qualifie de « dilution massive ». Le plan de redressement, arrêté le 18 février 2026 par le Tribunal de commerce de Nantes, prévoit un apurement du passif sur dix ans et des abandons de créances.
Ce plan formalise également le recentrage du groupe sur la promotion immobilière en France, autour de trois directions régionales. Il prévoit des cessions d'actifs estimées à environ 78,1 M€ au total, qui ont vocation à s'étaler sur la durée du plan.