Sopra Steria finalise le rachat d'une activité d'ingénierie aéronautique de Daher
L'opération renforce le pôle aérospatial du groupe de services numériques d'Annecy. Elle intervient quatre jours après la publication d'un troisième trimestre accompagné d'un relèvement de son objectif de croissance pour l'exercice.
Plus de 360 salariés et 42 M€ de revenus intégrés au 31 octobre
Sopra Steria a finalisé l'acquisition de l'activité « Manufacturing Engineering » de Daher Industrial Services, filiale du groupe Daher, selon un communiqué publié le 2 novembre 2026. L'opération est réalisée : il ne s'agit ni d'une négociation ni d'un accord soumis à conditions, mais d'un transfert effectif de l'activité au sein du groupe.
Le périmètre repris relève de l'ingénierie de production industrielle appliquée à l'aéronautique. Sopra Steria indique vouloir ainsi renforcer son expertise aérospatiale et accroître sensiblement ses capacités sur des processus de production qu'il qualifie de critiques.
L'activité compte plus de 360 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 42 millions d'euros en 2025. Elle est consolidée dans les comptes de Sopra Steria depuis le 31 octobre 2026.
Le groupe inscrit ce rachat dans une stratégie visant à proposer une expertise couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur aérospatiale. Il présente aussi l'opération comme un moyen de renforcer sa position de partenaire technologique et industriel auprès des grands acteurs du secteur.
Pour justifier ce mouvement, Sopra Steria met en avant l'accélération des cadences de fabrication dans l'aéronautique et des exigences de performance industrielle de plus en plus élevées. L'acquisition rapproche ainsi l'offre du groupe des processus de fabrication eux-mêmes, un terrain distinct du conseil et de l'intégration de systèmes qui composent une part importante de son métier.
Une activité intégrée à un groupe de 5,6 milliards d'euros de revenus
L'ordre de grandeur de l'opération se lit en regard de la taille de l'acquéreur. Sopra Steria a réalisé un chiffre d'affaires de 5,6 milliards d'euros en 2025 et emploie 51 000 personnes dans près de 30 pays.
Le groupe intervient notamment auprès des services financiers, de la défense, du spatial, de l'aéronautique et du secteur public. Il revendique un rôle dans le soutien aux infrastructures critiques et aux fonctions régaliennes des États, en s'appuyant sur ses activités de conseil, d'intégration de systèmes, de solutions métiers, d'intelligence artificielle et de cybersécurité.
L'acquisition s'ajoute donc à un portefeuille d'activités déjà orienté vers les secteurs sensibles, l'aéronautique figurant parmi les domaines cités par le groupe lui-même. Elle complète cette présence par une compétence d'ingénierie centrée sur la production plutôt que sur les seuls systèmes d'information.
Sur le plan comptable, la date de consolidation retenue se situe après la clôture du troisième trimestre. La contribution de l'activité reprise ne figure donc pas dans les chiffres trimestriels publiés par le groupe le 29 octobre 2026, et elle n'entrera dans les comptes qu'à partir de la fin du mois d'octobre.
Une opération qui suit un troisième trimestre en hausse de 7,9 %
Le 29 octobre 2026, Sopra Steria avait publié un chiffre d'affaires de 1 420,1 M€ pour le troisième trimestre, en hausse de 7,9 %. La croissance organique avait atteint 4,3 %, contre 3,0 % au premier semestre, et le groupe avait relevé pour la deuxième fois de l'année son objectif de croissance pour 2026.
Par construction, une acquisition n'entre pas dans le calcul de la croissance organique, qui neutralise les effets de périmètre. Ce rachat pèsera donc sur le chiffre d'affaires publié, sans modifier la lecture organique de l'activité.
Le dossier aérospatial avait déjà été alimenté en octobre : le 22 octobre 2026, CS Group, filiale spatiale de Sopra Steria, avait présenté l'intégration d'un outil de maintenance prédictive développé par l'italien Aiko à sa suite de pilotage de satellites Gosmic.