Stellantis : l'Amérique du Nord redevient rentable au troisième trimestre, l'Europe passe en perte
Stellantis a publié le 28 octobre 2026 des comptes du troisième trimestre en amélioration sur un an pour l'ensemble des indicateurs du groupe, et a confirmé ses objectifs financiers 2026, dont un free cash-flow industriel positif en 2027. La carte régionale des résultats s'est en revanche inversée.
L'Amérique du Nord, déficitaire un an plus tôt, a renoué avec un résultat opérationnel ajusté positif, tandis que l'Europe élargie est passée en perte opérationnelle malgré des volumes en hausse. Cette publication intervient après un parcours boursier heurté : l'action avait touché le 22 octobre 2026 un plus bas de cinq ans à 3,71 €, avant de rebondir de près de 4 % le 26 octobre.
Un chiffre d'affaires de 37,6 Md€, supérieur aux attentes
Le chiffre d'affaires du troisième trimestre s'est établi à 37,6 milliards d'euros, en hausse de 1 % sur un an. Les analystes anticipaient en moyenne 35,91 milliards d'euros. Le résultat opérationnel ajusté a atteint 256 millions d'euros, contre 90 millions un an plus tôt, soit une marge de 0,7 % contre 0,2 %.
La perte nette a été ramenée à 453 millions d'euros, contre 4,532 milliards d'euros au troisième trimestre 2025, une période qui avait été pénalisée par des éléments exceptionnels importants. Le bénéfice dilué ajusté par action ressort à -0,01 €, quand le consensus attendait -0,04 €.
Le free cash-flow industriel est resté négatif à -4,0 milliards d'euros, en amélioration de 0,3 milliard sur un an. Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires a progressé de 7 % à 119,2 milliards d'euros, et la marge opérationnelle ajustée est passée de 0,6 % à 1,7 %.
Le groupe affiche sur cette période un bénéfice net de 217 millions d'euros, contre une perte de 6,788 milliards un an plus tôt.
L'Europe pénalisée par des prix nets négatifs et un mix défavorable
En Amérique du Nord, le chiffre d'affaires a reculé de 3 % à 15,6 milliards d'euros, les livraisons ayant baissé de 12 % sous l'effet d'arrêts de production planifiés sur certains modèles Jeep, dont le Grand Cherokee et le Compass. Le résultat opérationnel ajusté de la région s'est pourtant amélioré de 539 millions d'euros, à 64 millions d'euros.
Ce redressement nord-américain a été porté par des prix nets positifs et par des économies de coûts industriels, en partie compensés par la baisse des volumes. La marge régionale est ainsi passée de -3,0 % à 0,4 %.
L'Europe élargie a suivi le chemin inverse. Les livraisons y ont progressé de 10 % et le chiffre d'affaires de 3 %, à 14,1 milliards d'euros, mais le résultat opérationnel ajusté a reculé de 468 millions d'euros, à -311 millions.
Ce recul s'explique principalement par des prix nets négatifs et un mix défavorable, partiellement compensés par les volumes et les économies de coûts. La marge européenne est passée de 1,2 % à -2,2 %, et la part de marché dans la zone EU30 a reculé de 60 points de base, à 14,8 %.
L'Amérique du Sud a dégagé 431 millions d'euros de résultat opérationnel ajusté, pour une marge de 10,5 %. La zone Moyen-Orient et Afrique a vu son chiffre d'affaires baisser de 19 %, mais sa marge progresser de 13,2 % à 14,6 %.
Objectifs 2026 confirmés, free cash-flow industriel positif visé en 2027
Stellantis a confirmé une hausse de son chiffre d'affaires annuel à un chiffre moyen en pourcentage, une marge opérationnelle ajustée à un chiffre bas et un free cash-flow industriel en amélioration sur un an. Ce dernier intègre environ 1,6 milliard d'euros de décaissements liés aux charges du second semestre 2025.
Pour le quatrième trimestre, le groupe attend des livraisons supérieures à celles du troisième trimestre et une contribution positive du besoin en fonds de roulement, liée à la saisonnalité habituelle. Il anticipe aussi des coûts supplémentaires liés aux puces mémoire et aux rappels de véhicules.
Les droits de douane nets sont estimés à 1,0 milliard d'euros sur l'année, dont 0,6 milliard supporté à fin septembre.
La liquidité disponible des activités industrielles s'élevait à 42,7 milliards d'euros fin septembre, contre 45,7 milliards fin 2025, soit 26 % du chiffre d'affaires des douze derniers mois. Ce niveau reste dans la fourchette de 25 % à 30 % visée par le groupe.
Selon le consensus des analystes recensés, l'action se paie environ 6,5 fois les bénéfices attendus pour l'exercice en cours.
Le groupe prévoit que les économies de son programme de création de valeur atteignent plusieurs centaines de millions d'euros au quatrième trimestre, environ le double de celles du troisième trimestre. Il vise ainsi la mise en œuvre d'au moins 40 % des 6 milliards d'euros d'économies en cadence annualisée d'ici la fin de l'année.