Transgene : 100 % de survie sans récidive, mais le cash fond de 38 % plus vite
La biotech française Transgene a levé 144 millions d'euros en décembre 2025 (105 millions via placement privé et 39 millions via conversion de dette), portant sa trésorerie à 111,9 millions d'euros au 31 décembre. Cette assise financière doit lui permettre de poursuivre le développement de son candidat phare TG4050 jusqu'au début 2028. Un atout majeur, mais à relativiser : la consommation annuelle de trésorerie a bondi à 38,2 millions d'euros en 2025, soit 38 % de plus qu'en 2024.
Des données cliniques encourageantes, mais une perte nette qui s'aggrave
Les résultats cliniques sont solides. TG4050, vaccin thérapeutique individualisé de Transgene, a atteint 100 % de survie sans récidive après au moins deux ans de suivi chez les patients atteints d'un cancer de la tête et du cou traités en situation adjuvante, avec une médiane de suivi de 30 mois. Tous les objectifs de l'étude de Phase 1 ont été atteints, y compris la sécurité et la tolérabilité. Les données translationnelles confirment des réponses immunitaires durables et spécifiques des néoantigènes. Pourtant, côté financier, le bilan s'alourdit : la perte nette s'est établie à 37,5 millions d'euros en 2025, contre 34,0 millions d'euros en 2024. Les produits opérationnels (7,2 millions d'euros, dont 6,7 millions de crédit d'impôt recherche) restent marginaux face aux dépenses de R&D, qui s'élèvent à 33,9 millions d'euros.
L'accélération de la combustion de trésorerie : le vrai défi caché
Au-delà des chiffres annuels, c'est le rythme de consommation de trésorerie qui interroge. En 2025, Transgene a brûlé 38,2 millions d'euros de cash, soit 10,5 millions de plus qu'en 2024 — une accélération de 38 % en un an. Cette consommation reflète l'intensification des essais cliniques : la randomisation des patients de la Phase 2 pour TG4050 est quasiment finalisée, et la société prépare en parallèle un nouvel essai de Phase 1 dans une deuxième indication en 2026. BT-001, le virus oncolytique en développement, génère également des dépenses. Avec 111,9 millions d'euros en caisse et une consommation annuelle approchant 40 millions d'euros, Transgene dispose théoriquement de près de trois ans de financement autonome — d'où la guidance financière jusqu'à début 2028.
Un portefeuille en expansion et des données attendues en 2026 pour valider le modèle
La roadmap 2026 est chargée. Les données de survie sans récidive à trois ans pour l'ensemble des patients de la Phase 2 de TG4050 sont attendues au deuxième ou troisième trimestre 2026. Parallèlement, Transgene lancera un nouvel essai de Phase 1 dans une seconde indication de tumeurs solides opérables. BT-001, présenté à l'ESMO 2025 en combinaison avec le pembrolizumab de MSD, a montré une activité antitumorale prometteuse locale et à distance, justifiant la poursuite du développement. L'outil informatique VacDesignR® breveté par Transgene optimise la conception des vecteurs viraux. Pour les investisseurs, l'enjeu est double : valider cliniquement le potentiel des vaccins thérapeutiques individualisés avant que la trésorerie ne devienne critique, et démontrer que la plateforme myvac® fonctionne au-delà du cancer de la tête et du cou. La fenêtre de 2026-2027 sera décisive.