Le CAC 40 tient bon malgré la menace d'un choc pétrolier au Moyen-Orient
Le CAC 40 progresse de 0,20 % à 8 356,93 points ce mardi à la mi-journée, dans une séance à la coloration défensive et industrielle. La cote parisienne évolue sur fond de fortes tensions géopolitiques, entre blocus naval annoncé par les Houthis en mer Rouge et affrontement ouvert entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz.
Une séance sous influence géopolitique et énergétique
L'ambiance reste prudente en Europe, malgré la légère hausse des indices. Le DAX gagne 0,30 % à 24 921 points, le FTSE 100 progresse de 0,20 % et le STOXX 600 avance de 0,30 % à 641,54 points. Le contraste est marqué avec la clôture de Wall Street la veille, où le Dow Jones a lâché 0,59 % et le S&P 500 0,19 %. Le Nikkei 225, lui, s'est envolé de 3,26 % à 66 232 points.
La toile de fond est dominée par le regain de tensions au Moyen-Orient. Le blocus annoncé lundi par les rebelles houthis au niveau de Bab el-Mandeb, ajouté à la baisse d'environ 50 % des traversées de tankers dans le détroit d'Ormuz relevée par S&P Global Energy, ravive le spectre d'un choc pétrolier. Le Brent évoluait lundi entre 86 et 91 dollars le baril, tandis que les marges de raffinage du diesel en Europe ont atteint un record supérieur à 65 dollars. Ce contexte énergétique explique en grande partie la tonalité de la séance parisienne, où les valeurs de la défense, du pétrole et de l'aéronautique tiennent le haut du pavé.
Airbus, STMicro et TotalEnergies tirent la cote
En tête du CAC 40, STMicroelectronics avance de 2,40 % à 56,23 euros, portée par le regain d'appétit pour les semi-conducteurs européens.
Airbus gagne 1,79 % à 195,22 euros, dopée par une actualité industrielle particulièrement dense au sortir du salon de Farnborough. Le constructeur européen a annoncé une commande ferme de 100 A320neo auprès de SMBC Aviation Capital, portant à plus de 900 le total des engagements du loueur japonais et de sa maison mère Sumitomo Corporation. Airbus a également dévoilé, aux côtés d'Air Canada, une plateforme de co-investissement de 13,7 millions d'euros dans le carburant durable au Canada.
Le compartiment énergétique reste soutenu par la tension géopolitique : TotalEnergies progresse de 1,70 % à 72,35 euros. Thales, valeur emblématique de la défense européenne, gagne 1,52 % à 227,30 euros. Société Générale suit le mouvement (+1,01 % à 75,91 euros), au sein d'un secteur bancaire ferme.
La tech et les défensives à la peine
À l'inverse, la technologie et certaines valeurs défensives sont recherchées à la baisse. Capgemini abandonne 2,16 % à 89,60 euros, plus fort repli de l'indice, tandis que Dassault Systèmes cède 1,18 % à 17,93 euros. Eurofins Scientific perd 1,58 % à 69,98 euros, malgré un relèvement d'objectif de cours de Jefferies, qui reste toutefois à « sous-performance » en portant sa cible de 48 à 60 euros.
Pernod Ricard recule de 1,40 % à 64,74 euros dans un secteur des spiritueux toujours confronté à un environnement de consommation dégradé, et Orange lâche 1,22 % à 16,24 euros. La dispersion du jour reste défavorable, avec 23 baisses pour 17 hausses au sein du CAC 40, signe que la légère progression de l'indice masque une séance plus contrastée qu'il n'y paraît.