Bourse de Paris : le CAC 40 plonge, 38 valeurs sur 40 dans le rouge en pleine tempête pétrolière
Le CAC 40 cède 1,50 % à 7 873 points ce lundi après-midi, emporté par un vaste mouvement de repli mondial. La nomination surprise de Mojtaba Khamenei comme successeur du guide suprême iranien a déclenché une volatilité historique sur les marchés pétroliers, propageant l'onde de choc sur l'ensemble des places financières. À Paris, 38 valeurs sur 40 reculent : la séance est d'une rare unanimité baissière.
Une séance sous le signe du choc pétrolier et géopolitique
La Bourse de Paris traverse ce lundi une séance dominée par la nervosité géopolitique. La désignation de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père à la tête de l'Iran a provoqué une onde de choc immédiate sur les marchés pétroliers, où les variations intra-journalières ont atteint des amplitudes exceptionnelles — le Brent et le WTI ont bondi de près de 30 % en début de séance avant de réduire une partie de leurs gains. Cette décision de Téhéran intervient dans un contexte déjà tendu : le président américain Donald Trump avait publiquement exprimé sa volonté de participer au processus de sélection du futur dirigeant iranien, rendant la lecture diplomatique encore plus incertaine.
L'ensemble des grandes places mondiales accuse le coup. Le Nikkei 225 a clôturé en chute libre de 5,20 % à Tokyo. En Europe, le DAX recule de 1,75 % en séance, tandis que le FTSE 100 cède 1,07 % à Londres. Aux États-Unis, le Dow Jones perd 1,64 % et le S&P 500 lâche 1,31 % en début de cotation. Le Hang Seng a terminé en repli de 1,35 % et le Sensex indien a clôturé en baisse de 1,71 %. Il n'y a guère de refuge : le mouvement est global et synchrone.
À Paris, la dispersion est éloquente. Seules deux valeurs du CAC 40 parviennent à afficher un gain. Les 38 autres sont dans le rouge, sans qu'aucune ne fasse exception à l'étale. Le SBF 120 reflète la même dynamique, en repli de 1,51 %.
Thales et TotalEnergies, les deux rescapées du jour
Dans cette marée de rouge, deux noms surnagent. Thales progresse de 1,33 % à 244,50 euros, portée par son profil défense dans un environnement marqué par la montée des tensions internationales. Le groupe, dont l'activité couvre aussi bien les systèmes militaires que la cybersécurité, bénéficie mécaniquement de tout regain de risque géopolitique.
TotalEnergies gagne de son côté 0,90 % à 68,61 euros. Le géant pétrolier profite logiquement de l'envolée des cours du brut. Goldman Sachs a par ailleurs relevé son objectif de cours sur le titre, le passant de 60 à 68 euros, tout en maintenant sa recommandation à « conserver ».
Derrière ces deux valeurs, plus rien ne résiste. Publicis cède 0,47 %, Engie recule de 0,53 % et Euronext abandonne 0,77 % — les baisses les plus modérées d'un indice où la couleur dominante est sans ambiguïté.
ArcelorMittal sanctionné, l'immobilier et la consommation sous pression
En bas du tableau, ArcelorMittal accuse la plus forte baisse du CAC 40 avec un repli de 4,36 % à 45,81 euros. Le sidérurgiste a été touché par une dégradation marquante de JP Morgan, qui a abaissé sa recommandation de « surpondérer » à « sous-pondérer » tout en ramenant son objectif de cours de 53,50 à 40 euros — un signal de défiance rare par son ampleur.
L'immobilier commercial souffre également : Unibail-Rodamco-Westfield chute de 3,86 % à 94,04 euros. Accor, dans l'hôtellerie, cède 3,39 % à 41,86 euros. Les deux valeurs, exposées aux cycles de consommation, subissent le climat d'incertitude macroéconomique alimenté par la flambée des prix de l'énergie.
L'automobile n'est pas épargnée. Stellantis recule de 2,85 % à 6 euros, un niveau qui illustre les difficultés persistantes du constructeur. L'Oréal, de son côté, perd 2,82 % à 360,45 euros, entraîné par le mouvement de repli généralisé sur les valeurs de consommation.
Cette séance du 9 mars restera marquée par une conjonction rare : un choc géopolitique majeur au Moyen-Orient, une volatilité historique sur le pétrole et un reflux quasi unanime des valeurs parisiennes. Seules la défense et l'énergie tirent leur épingle du jeu dans un marché qui tourne résolument le dos au risque.