CAC 40 en net recul : la Bourse de Paris plie sous le poids du pétrole
Le CAC 40 recule de 1,92 % à 8 157,92 points. La séance est marquée par une nette dégradation du climat : seules cinq valeurs de l'indice progressent, contre trente-cinq en baisse. En toile de fond, la nouvelle flambée du pétrole au-delà des 100 dollars le baril de Brent et la persistance des tensions au Moyen-Orient continuent de peser sur l'appétit pour le risque.
Une séance parisienne sous influence géopolitique
Le repli est large et sans échappatoire. Les indices européens évoluent tous dans le rouge : le DAX cède 1,52 % et le STOXX 600 abandonne 1,43 % en séance, tandis que le FTSE 100 perd 1,10 %. Le SBF 120 recule de 1,75 %.
L'ambiance reste dominée par le dossier énergétique. Le Brent évolue à proximité des 100 dollars le baril, sur fond de conflit ouvert entre les États-Unis et l'Iran et d'attaques revendiquées par les Houthis contre des installations pétrolières en Arabie saoudite. La réduction des flux de brut autour du détroit d'Ormuz nourrit une prime de risque qui entretient la nervosité des marchés. À cette équation énergétique s'ajoute la guerre en Ukraine, où la reprise des frappes russes sur Kyiv est venue rappeler l'absence de percée diplomatique malgré la tentative de médiation américaine.
Ce cocktail géopolitique explique la tonalité grave d'une place parisienne qui cède du terrain de façon quasi généralisée.
TotalEnergies surnage, les valeurs défensives résistent
Dans ce contexte tendu, le pétrole profite à l'énergie. TotalEnergies occupe la tête du CAC 40 avec une hausse de 1,02 % à 78,54 euros. Le groupe a par ailleurs annoncé une série d'accords qui rapprochent le projet gazier Papua LNG de sa décision finale d'investissement, avec un transfert du rôle d'opérateur à ExxonMobil et une participation ramenée à 20 %, tout en conservant sa quote-part des volumes de GNL.
Derrière cette valeur, la hausse se limite à quelques valeurs. Dassault Systèmes gagne 0,98 % et Engie progresse de 0,56 %. Les groupes de services aux entreprises Eurofins Scientific (+0,39 %) et Bureau Veritas (+0,14 %) complètent un tableau des hausses particulièrement restreint. À eux cinq, ces titres forment l'intégralité des valeurs de l'indice qui échappent au reflux du jour.
Le luxe et la tech dans le rouge vif
Le bas du classement est occupé par des secteurs sensibles. Capgemini signe la plus forte baisse du CAC 40, avec un repli de 3,84 % à 101,50 euros. Dans le luxe, Kering abandonne 3,58 % à 235,65 euros, malgré une note d'HSBC qui maintient sa recommandation à l'achat tout en abaissant son objectif de cours de 340 à 305 euros. LVMH cède de son côté 3,19 % à 412,95 euros. Le titre fait l'objet d'avis contrastés : HSBC a ramené sa recommandation d'« acheter » à « conserver », quand Grupo Santander l'a relevée à « surperformance » avec un objectif porté à 500 euros.
Les valeurs industrielles et de la construction ne sont pas épargnées : Saint-Gobain perd 3,44 % à 71,84 euros et Legrand recule de 3,25 % à 141,40 euros. La dispersion résume à elle seule la physionomie de la séance : à la mi-journée, seules cinq valeurs de l'indice progressent, face à trente-cinq en baisse.