CAC 40 : la bourse de Paris reprend des couleurs, portée par la détente pétrolière et les semi-conducteurs
Le CAC 40 progresse de 0,58 % à 8 434,27 points, dans une séance nettement orientée à la hausse où 31 des 40 valeurs de l'indice évoluent en territoire positif. Le repli marqué du Brent, retombé vers ses niveaux d'avant-guerre Iran, allège la prime de risque géopolitique qui pesait sur les places européennes depuis plusieurs semaines.
Une séance européenne dégagée par la détente sur Ormuz
L'ambiance est résolument constructive sur les marchés du Vieux Continent. Le DAX allemand avance de 0,74 % à 24 924 points, le FTSE 100 londonien gagne 0,76 % et le STOXX 600 progresse de 0,74 %, dessinant un mouvement homogène à l'échelle européenne. En toile de fond, le retour progressif à la normale des flux pétroliers via le détroit d'Ormuz change l'humeur des opérateurs : selon les autorités américaines, au moins 20 millions de barils sont sortis du détroit sur les dernières 24 heures, et plusieurs tankers précédemment bloqués ont repris leur route.
Le Brent recule autour de 72,5 dollars le baril, revenant à ses plus bas depuis fin février. Cette désinflation de la prime de risque géopolitique se lit jusque dans la dispersion très favorable du CAC 40 : 31 hausses contre seulement 9 baisses, signe d'un mouvement large plutôt que d'une rotation sectorielle isolée. Côté américain, le tableau est plus contrasté, avec un Dow Jones en hausse de 0,35 % mais un Nasdaq en repli de 0,43 %, signe que la rotation vers les valeurs cycliques européennes joue à plein cet après-midi.
Semi-conducteurs, hôtellerie et luxe en pointe
En tête du palmarès parisien, STMicroelectronics s'envole de 4,18 % à 66,01 euros. Le groupe franco-italien a annoncé le lancement du ST54M, une puce sécurisée intégrant un accélérateur hardware pour la cryptographie post-quantique, destinée aux fabricants de smartphones confrontés aux nouvelles exigences de sécurité de l'ère quantique. Les bons résultats de Micron Technology, outre-Atlantique, provoquent un regain d'intérêt pour le secteur.
Juste derrière, Accor gagne 3,52 % à 51,80 euros : Barclays a relevé son objectif de cours de 53 à 62 euros, en réitérant une opinion à « surpondérer » sur le groupe hôtelier. Le luxe participe également au rebond, avec Kering qui progresse de 2,07 % à 270,85 euros. Les valeurs liées à l'activité industrielle et énergétique européenne suivent le mouvement : Saint-Gobain s'apprécie de 2,05 % à 81,48 euros et Engie de 1,92 % à 27,01 euros, dans un contexte où l'allègement de la facture énergétique constitue un soutien naturel pour les transformateurs et utilities du continent.
La défense et l'énergie en repli, à contre-courant
Le revers de la médaille se lit dans le bas de tableau. Thales recule de 2,40 % à 219,90 euros, la valeur subissant un net mouvement de prise de bénéfices alors que la détente géopolitique au Moyen-Orient réduit la prime accordée depuis plusieurs semaines aux groupes de défense européens. EssilorLuxottica cède 2,22 % à 164,85 euros et Publicis Groupe abandonne 1,39 % à 86,86 euros.
Le secteur de l'énergie figure logiquement parmi les perdants du jour : TotalEnergies recule de 1,11 % à 68,74 euros, dans le sillage du repli du baril, malgré l'annonce de son entrée à hauteur de 10 % dans la concession gazière de Bab à Abou Dabi, qui vise une capacité cible de 1,5 milliard de pieds cubes par jour.
Bureau Veritas perd 0,87 % à 26,06 euros, le groupe ayant pourtant communiqué sur la requalification d'un pipeline en mer du Nord pour le transport de CO₂, une première dans le cadre du projet Abeona de captage et stockage du carbone aux Pays-Bas. À mi-séance, la photo parisienne reste celle d'un marché qui respire, sur fond de baril allégé et de catalyseurs micro plutôt bienveillants.