CAC 40 : le pétrole flambe, les banques plongent, Paris tiraillé entre deux mondes
Le CAC 40 a terminé la séance de ce jeudi 2 avril en repli de 0,24 %, à 7 962,39 points, dans un marché écartelé entre la flambée des valeurs pétrolières et le net décrochage du secteur bancaire. Le bond de plus de 6 % du baril de Brent en 24 heures, alimenté par l'intensification des combats au Moyen-Orient et le recul des espoirs de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, a dessiné les contours d'une séance à deux vitesses sur la place parisienne.
Une séance sous haute tension géopolitique
La journée a été marquée par un contexte géopolitique particulièrement lourd. Après les faux espoirs de trêve de la veille, le démenti iranien et la poursuite des hostilités dans la région ont fait brutalement remonter le cours du Brent autour de 108 dollars le baril, contre moins de 100 dollars vingt-quatre heures plus tôt. Cette volatilité extrême sur le marché de l'énergie s'est immédiatement transmise à la cote parisienne.
Le VIX, indicateur de nervosité des marchés, évoluait à 25,25 points — un niveau qui traduit une tension persistante, bien qu'en net reflux de 17,5 % par rapport à la veille. La dispersion au sein de l'indice phare illustre parfaitement cette séance coupée en deux : 21 valeurs ont clôturé en hausse contre 19 en baisse, sans qu'aucune ne reste stable. Rarement les lignes de fracture sectorielles n'auront été aussi nettes en une seule séance.
Le pétrole et l'énergie, grands gagnants de la journée
TotalEnergies s'est imposé comme l'un des moteurs de la séance, avec une progression de 2,40 % à 79,42 euros. Le géant pétrolier a bénéficié à la fois de l'envolée du brut et d'un double signal positif de la part des analystes : JP Morgan a relevé son objectif de cours de 75 à 86 euros tout en maintenant sa recommandation « surpondérer », tandis que Citi a fait de même en portant sa cible de 75 à 90 euros, avec un avis à « achat ». Engie a également tiré son épingle du jeu, gagnant 2,01 % à 28,97 euros, dans le sillage du secteur énergétique.
En tête du palmarès, Stellantis a affiché la plus forte hausse du CAC 40 avec un bond de 3,97 % à 6,57 euros. Eurofins Scientific a progressé de 2,83 % à 66,90 euros, tandis qu'Euronext a gagné 2,07 % à 143,30 euros. Ces trois valeurs ont contribué à limiter le repli de l'indice.
Les banques et l'industrie lourde sanctionnées
À l'opposé, les valeurs bancaires ont largement pesé sur la cote. Société Générale a cédé 2,61 % à 64,24 euros, tandis que BNP Paribas a reculé de 2,44 % à 83,30 euros. Les deux poids lourds du secteur ont enregistré les baisses les plus marquées de l'indice après STMicroelectronics, lanterne rouge du jour avec un recul de 2,84 % à 29,09 euros.
Les industrielles n'ont pas été épargnées. Saint-Gobain a lâché 2,30 % à 70,52 euros et ArcelorMittal a cédé 2,14 % à 45,66 euros. Ces reculs dans le secteur des matériaux et de la sidérurgie traduisent la nervosité ambiante sur les perspectives industrielles dans un contexte de tensions géopolitiques ravivées.
En fin de journée, le SBF 120 a clôturé en baisse de 0,21 % à 6 033,09 points, confirmant un repli modéré mais généralisé au-delà du seul CAC 40. À Wall Street, le Dow Jones et le S&P 500 évoluaient sans direction nette en début de séance américaine, dans l'attente de signaux plus lisibles sur l'évolution du conflit au Moyen-Orient.