CAC 40 : Paris décroche sous les 8 000 points, plombé par les valeurs cycliques
L'indice phare de la place parisienne perd 1,34% à 7 974,16 points vendredi en milieu de séance, repassant sous le seuil symbolique des 8 000 points. La tendance est nettement défensive, avec seulement 7 valeurs en hausse contre 33 en baisse au sein du CAC 40. Le climat reflète une aversion généralisée pour les secteurs cycliques européens.
Une séance européenne sous pression
Le mouvement de repli n'épargne pas les autres grandes places du Vieux Continent. Le DAX allemand cède 1,58% en séance, tandis que le FTSE 100 londonien recule de 1,38%. Le STOXX 600 abandonne 0,54%, ce qui souligne la sous-performance marquée de Paris et de Francfort par rapport à la moyenne européenne.
Le contraste avec Wall Street est saisissant : à la clôture précédente, le Dow Jones avait progressé de 0,75%, le S&P 500 de 0,77% et le Nasdaq de 0,88%. L'Asie, en revanche, a terminé dans le rouge, le Nikkei 225 abandonnant 1,99% et le Hang Seng 1,62% à la clôture. Cette dichotomie entre une Asie morose, une Europe qui décroche et des valeurs américaines plus résistantes donne le ton d'une séance parisienne franchement défensive, où la dispersion entre hausses et baisses est sans appel.
Dans un marché baissier, les valeurs refuges et défensives tirent leur épingle du jeu. Sanofi mène la cote avec un gain de 0,98% à 73,96 euros, illustrant le repositionnement vers la santé alors que les nouvelles sur l'Hantavirus semblent, à ce stade, plutôt rassurantes. Le secteur de la consommation de base résiste également, avec Danone en progression de 0,26% à 62,02 euros et Pernod Ricard qui gagne 0,23% à 61,30 euros.
La technologie française fait figure d'exception parmi les valeurs en hausse : Dassault Systèmes avance de 0,71% à 19,76 euros. Renault complète ce petit groupe de gagnants avec une hausse de 0,71% à 28,51 euros. Mais ces progressions, toutes inférieures à 1%, peinent à compenser l'ampleur des reculs ailleurs dans la cote. Le tableau des hausses du jour, limité à sept valeurs, illustre à lui seul l'orientation très majoritairement vendeuse de la séance.
Semi-conducteurs, acier et bancaires en première ligne
Les baisses les plus marquées frappent les secteurs cycliques et exposés au commerce international. STMicroelectronics ferme la marche avec une chute de 4,82% à 52,50 euros, suivi de près par ArcelorMittal, qui abandonne 4,22% à 52,68 euros. Le sidérurgiste a annoncé en début de semaine le succès d'une émission obligataire d'un milliard de dollars à 5,375%, destinée aux besoins généraux du groupe.
L'aéronautique et la défense ne sont pas épargnées : Safran perd 3,32% à 273,80 euros. Le secteur bancaire encaisse aussi un repli notable, avec BNP Paribas qui abandonne 2,83% à 89,43 euros. L'industrie technologique européenne suit la même pente avec Schneider Electric, en recul de 2,80% à 263,35 euros.
Cette concentration des pertes sur les semi-conducteurs, l'acier, l'aéronautique, les banques et les biens d'équipement dessine une séance clairement dominée par la défiance envers les cycliques, alors que les valeurs défensives concentrent les rares achats du jour à la mi-séance.