CAC 40 : Paris recule, Vinci et ArcelorMittal plombent la cote
Le CAC 40 recule de 0,33 % à 8 479,73 points, dans une séance nettement orientée à la baisse où l'on compte 25 valeurs dans le rouge pour seulement 15 en hausse. Le repli parisien tranche avec la fermeté affichée outre-Atlantique par le S&P 500 et le Nasdaq, portés par des anticipations de politique monétaire plus accommodante.
Une séance parisienne à contre-courant de Wall Street
La place de Paris évolue à rebours des indices américains, qui profitent encore du rapport sur l'emploi américain publié vendredi. Avec seulement 57 000 créations de postes en juin aux États-Unis, très en deçà des attentes, les investisseurs ont revu à la baisse leurs anticipations de resserrement monétaire de la Fed, soutenant les actifs risqués outre-Atlantique.
En Europe, l'ambiance est plus fébrile. Le STOXX 600 cède 0,55 %, le FTSE 100 londonien lâche 0,45 %, tandis que le DAX allemand résiste (-0,03 %). La détente persistante sur le pétrole (le Brent évolue au plus bas de quatre mois autour de 70 dollars le baril depuis la normalisation des flux via le détroit d'Ormuz) pèse sur les valeurs énergétiques et parapétrolières européennes, sans dynamiser franchement les secteurs cycliques du Vieux Continent.
Stellantis en tête, la défense et l'aéronautique tiennent le haut du pavé
Dans le peloton des hausses, Stellantis prend la tête du CAC 40 avec un gain de 2,58 % à 5,06 euros. Le constructeur automobile domine un tableau où l'industrie de défense et l'aéronautique s'illustrent également : Airbus avance de 1,41 % à 209,05 euros et Thales progresse de 1,01 % à 240,60 euros, dans un contexte géopolitique européen toujours marqué par la poursuite des frappes russes de grande ampleur sur Kiev début juillet, qui maintient les questions de défense antiaérienne au premier plan des chancelleries occidentales.
Euronext gagne 1,35 % à 149,70 euros, tandis que Michelin complète le top 5 avec une hausse de 0,98 % à 35,18 euros. Ce quintet compose l'essentiel des points positifs de la séance, dans un marché où les hausses restent nettement minoritaires.
ArcelorMittal et Vinci en fond de tableau
Côté baisses, ArcelorMittal occupe la lanterne rouge du CAC 40 avec un recul de 3,07 % à 56,80 euros. Le sidérurgiste subit la faiblesse générale des valeurs cycliques industrielles, sensibles aux signaux de ralentissement du marché du travail américain et aux inquiétudes sur la demande chinoise.
Vinci cède 2,11 % à 125,20 euros, une baisse d'autant plus notable que le groupe de BTP et de concessions vient d'annoncer la signature de contrats routiers pluriannuels dans le Grand Londres, représentant environ 70 millions d'euros de revenus annuels pour sa filiale FM Conway. Le titre est également affecté par des ajustements d'objectifs de cours : Jefferies a ramené le sien de 145 à 142 euros tout en maintenant sa recommandation à l'achat, tandis que Barclays a abaissé son objectif de 160 à 145 euros en restant à « surpondérer ».
Eiffage suit une trajectoire proche avec un repli de 1,62 % à 127,50 euros, prolongeant la faiblesse du secteur de la construction. Engie perd 1,55 % à 27,30 euros, dans le sillage de la nouvelle glissade des cours du brut. Enfin, Accor abandonne 1,53 % à 50,12 euros, alors que le secteur des loisirs et de l'hôtellerie fait aussi l'objet d'interrogations aux États-Unis, où il a perdu 61 000 emplois en juin selon le dernier rapport officiel.