Action Eurofins Scientific : +28,5% en 2025, le géant des laboratoires écrase le CAC 40
En un an, l'action du leader mondial de la bio-analyse a progressé de près de 29%, surperformant nettement le CAC 40 qui s'est contenté d'un gain de 10,42%. Ce rebond spectaculaire s'est construit progressivement, porté par une activité résiliente malgré des vents contraires monétaires et sectoriels. À 62,40 euros en fin d'année, le titre consolide ses acquis à quelques encablures d'un objectif moyen des analystes qui laisse entrevoir un potentiel de hausse supplémentaire de 16% pour 2026.
Avril et décembre : deux accélérations symptomatiques d'un marché en quête de visibilité
Le titre a particulièrement profité en avril d'un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux prévisions, tandis que le groupe rassurait sur son exposition à la guerre commerciale. Entre le 10 et le 15 avril, le cours a bondi de 8,31%, passant de 46,83 à 50,72 euros, signalant un regain d'appétit des investisseurs dans un contexte d'apaisement des tensions commerciales. Fin décembre, une nouvelle séquence haussière de 7,32% (de 57,68 à 61,90 euros entre le 12 et le 22 décembre) a confirmé la dynamique favorable du dossier. Le titre a enchaîné cinq séances consécutives dans le vert, soutenu notamment par le maintien de recommandations positives d'analystes tels que Bernstein. Ces deux phases incarnent la capacité d'Eurofins à capitaliser sur ses fondamentaux dans un environnement de marché volatil, où les valeurs défensives à levier opérationnel sont recherchées.
Une croissance solide mais contrastée : les ressorts d'une performance résiliente
Sur les neuf premiers mois de 2025, Eurofins a enregistré un chiffre d'affaires de 5 415 millions d'euros, en hausse de 5,3% en données publiées et de 4% en organique. Cette amélioration progressive a été soutenue par les activités Food & Feed et Environment Testing en Europe et en Amérique du Nord, tandis que certains segments biopharma ont continué de peser. Le groupe a confirmé ses objectifs annuels, visant une amélioration de sa marge d'EBITDA par rapport aux 22,3% de 2024, en dépit d'un effet de change défavorable estimé à -1,6% sur le chiffre d'affaires reporté si le taux USD/EUR de fin de troisième trimestre persiste. Cette guidance, maintenue en octobre malgré un contexte macro incertain, témoigne d'une trajectoire de rentabilité qui reste sous contrôle. Mais le management ne cache pas les défis : la demande molle dans certains segments biopharma et l'effet dilutif de l'acquisition SYNLAB en Espagne imposent une discipline d'exécution rigoureuse. L'objectif 2027, fixé à près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 24% de marge opérationnelle, reste la boussole stratégique du groupe.
Perspectives 2026 : entre potentiel de valorisation et prudence structurelle
Le consensus des analystes affiche un objectif moyen de 72 euros, soit un potentiel de hausse de 16% par rapport au cours de clôture annuel de 62,40 euros. Cette orientation reflète la conviction d'une reprise de la croissance dans les segments encore sous pression, ainsi que l'effet positif attendu des investissements dans la digitalisation et le réseau hub-and-spoke. Les principaux leviers de croissance pour 2026 reposent sur un rebond de la demande biopharma, l'extension géographique et l'apport continu des start-ups. Mais le tableau n'est pas sans nuances. Le risque de change demeure un facteur de volatilité majeur, tandis que la normalisation post-Covid du secteur analytique impose des arbitrages d'allocation fine. Si les fondamentaux opérationnels apparaissent robustes et la structure financière saine, l'exécution de la feuille de route 2027 sera déterminante pour ancrer durablement le titre au-dessus de ses plus hauts de 2025. Le scénario central repose sur une trajectoire de croissance mid-single digit, assortie d'une expansion de marge graduelle — un équilibre qui devra composer avec l'incertitude macroéconomique et les fluctuations monétaires.