Continuer avec Google
Continuer avec Facebook
Continuer avec Apple
Rubrique en collaboration avec
La Bourse de Paris a connu une séance particulièrement favorable ce jeudi 16 octobre 2025, l'indice phare parisien progressant de 1,38% pour s'établir en territoire positif. Cette performance remarquable intervient dans un contexte politique apaisé, les motions de censure déposées contre le gouvernement Lecornu ayant été rejetées dans la matinée à l'Assemblée nationale. Les investisseurs ont salué cette issue qui éloigne, au moins temporairement, le spectre d'une nouvelle crise politique majeure. L'ensemble des valeurs du CAC 40 ont profité de ce regain de confiance, à l'exception notable de quelques poids lourds du luxe. La séance a été marquée par une avalanche de publications trimestrielles, offrant aux investisseurs une visibilité renouvelée sur la santé des entreprises françaises. Le marché parisien s'est ainsi distingué favorablement de ses homologues européens, témoignant d'un soulagement particulier des investisseurs concernant la situation hexagonale.
L'action Pernod Ricard s'est imposée comme le champion de la séance avec un gain spectaculaire de 4,15% à 86,84 euros, propulsant le titre en tête du CAC 40. Cette performance remarquable fait suite à la publication ce matin même du chiffre d'affaires du premier trimestre de l'exercice 2025-2026. Si les ventes affichent un recul de 7,6% en organique à 2,384 milliards d'euros, impactées par les difficultés persistantes en Chine avec une baisse de 27% et aux États-Unis avec un repli de 16%, le groupe a néanmoins surpassé les attentes des analystes qui tablaient sur un chiffre d'affaires de 2,35 milliards d'euros. La confirmation des perspectives annuelles par le numéro deux mondial des vins et spiritueux a également rassuré les investisseurs, qui ont salué la capacité de résilience du groupe dans un environnement pourtant difficile. L'action Michelin s'est adjugé la deuxième place du podium avec une progression de 3,4% à 27,09 euros, signant un rebond technique bienvenu après la violente correction subie lundi dernier. Le pneumaticien clermontois avait alors plongé de près de 10% suite à un avertissement sur ses résultats annuels, révisant à la baisse son objectif de résultat opérationnel entre 2,6 et 3 milliards d'euros contre plus de 3,4 milliards initialement prévu. Cette correction technique s'inscrit dans une logique de marché après une baisse excessive. L'action Legrand complète le trio de tête avec une hausse de 2,84% à 148,70 euros, soutenu par l'annonce du dépôt d'une offre publique d'achat simplifiée visant les actions de Cogelec, dans le cadre de l'acquisition de Cogelec Développement réalisée le 7 octobre dernier. Cette opération stratégique illustre la dynamique de croissance externe du spécialiste des infrastructures électriques et numériques.
À contre-courant de la tendance générale, le secteur du luxe a affiché des performances contrastées, avec l'action Kering en lanterne rouge du CAC 40. Le groupe de François-Henri Pinault a cédé 1,48% à 308,50 euros, retombant après avoir bénéficié la veille du rebond consécutif aux publications rassurantes de LVMH. La dégradation de recommandation de Berenberg, qui a abaissé son conseil de Conserver à Vendre, a pesé sur le titre. L'analyste allemand justifie cette décision en soulignant que le secteur est confronté à un problème lié à la demande et non à l'offre, se traduisant par une baisse des aspirations des consommateurs et une contraction de la demande chinoise. Le marché attend désormais du nouveau PDG Luca de Meo qu'il parvienne à libérer la valeur latente des marques emblématiques du groupe tout en résolvant les problèmes opérationnels et financiers structurels. L'action Hermès International a également reculé de 0,6% à 2.162 euros, malgré le maintien de la recommandation d'achat de Berenberg avec un objectif de cours de 2.600 euros. Le sellier de luxe reste néanmoins valorisé pour son exposition au luxe absolu, où la demande tirée par la richesse demeure solide. LVMH a progressé plus modestement de 0,72% à 602,20 euros, après avoir dévoilé mardi dernier une croissance organique de 1% au troisième trimestre, marquant une amélioration des tendances après un premier semestre difficile avec un recul de 4%. Euronext a perdu 1,18% à 125,60 euros, tandis que Bouygues a légèrement fléchi de 0,29% à 41,46 euros, pénalisé par la complexité du dossier SFR dont l'offre d'achat conjointe avec Orange et Free a été maintenue malgré le rejet initial d'Altice.
Au-delà du podium, de nombreuses valeurs défensives et industrielles ont profité du regain d'optimisme ambiant. Eurofins Scientific a bondi de 2,65% à 63,48 euros, poursuivant son programme de rachat d'actions qui témoigne de la confiance du management dans les perspectives du groupe. Edenred a progressé de 2,49% à 20,60 euros, bénéficiant d'un retour possible sur les supports techniques identifiés par les analystes. Sanofi s'est adjugé 2,43% à 86,33 euros, porté par l'annonce du lancement à Montpellier d'un Centre d'Excellence Translationnel dédié aux maladies auto-immunes, illustrant la stratégie d'innovation du groupe pharmaceutique. EssilorLuxottica a gagné 2,37% à 276,60 euros dans l'attente de la publication de son chiffre d'affaires du troisième trimestre prévue en soirée, l'acquisition d'Ikerian AG spécialisée dans l'intelligence artificielle et la santé oculaire ayant également soutenu le titre. Du côté des valeurs industrielles, STMicroelectronics a progressé de 2,18% à 25,265 euros, Schneider Electric de 2,15% à 252,35 euros, et Stellantis de 2,13% à 8,829 euros, ce dernier bénéficiant des rumeurs d'un investissement de 13 milliards de dollars aux États-Unis pour renforcer sa production américaine. Safran a avancé de 2,06% à 302,80 euros, confortant sa dynamique positive après un premier trimestre 2025 en hausse de 16,7% dépassant les attentes. L'ensemble de ces performances témoigne d'un marché parisien retrouvant des couleurs après plusieurs semaines d'incertitudes.