Le CAC 40 bondit de 4,4 % dès l'ouverture après le cessez-le-feu en Iran
La Bourse de Paris démarre la séance du mercredi 8 avril dans un élan spectaculaire. Le CAC 40 s'envole de 4,37 % à 8 254 points dès les premières minutes de cotation, porté par un soulagement massif des investisseurs après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. Sur les 40 valeurs de l'indice, 36 affichent une hausse, signe d'un mouvement quasi unanime.
Un accord géopolitique qui change la donne sur les marchés
L'annonce, dans la nuit, d'un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran après plus de cinq semaines de frappes israélo-américaines sur le territoire iranien a provoqué une onde de choc positive sur les marchés européens. Le président Donald Trump a confirmé l'accord, tandis que l'Iran a accepté d'engager des pourparlers dès vendredi via la médiation du Pakistan. La perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce mondial de pétrole, a instantanément modifié le rapport de force sur les places financières.
Après des semaines de tensions maximales — le Brent avait dépassé les 111 dollars le baril la veille encore — est redescendu sous les 93 dollars, et la désescalade soudaine redessine le paysage boursier. Le SBF 120 accompagne le mouvement avec une progression de 3,32 %. La quasi-totalité des secteurs sont entraînés dans cette vague d'achats. Seules trois valeurs du CAC 40 évoluent dans le rouge, et une seule reste stable à l'ouverture.
ArcelorMittal et les bancaires en tête du rebond
Le palmarès des hausses traduit un retour d'appétit généralisé pour les valeurs cycliques et industrielles, les plus sensibles aux perspectives de stabilisation géopolitique. ArcelorMittal domine largement le CAC 40 avec un bond de 12,71 % à 51,44 euros. Le sidérurgiste, très exposé aux cycles économiques mondiaux, bénéficie à plein de l'espoir d'un apaisement des tensions sur le commerce international.
Le secteur bancaire affiche lui aussi une forme éclatante. Société Générale progresse de 8,20 % à 69,91 euros, tandis que BNP Paribas gagne 7,38 % à 89,90 euros. Les valeurs financières, traditionnellement corrélées à la confiance macroéconomique, captent le flux acheteur.
Saint-Gobain s'inscrit dans la même dynamique avec une hausse de 8,01 % à 76,58 euros. Stellantis, dont le cours reste bas à 6,77 euros, rebondit de 7,05 %. Ces progressions dessinent un mouvement de rattrapage massif sur les valeurs qui avaient le plus souffert de l'instabilité géopolitique des dernières semaines.
TotalEnergies en net repli, effet miroir du cessez-le-feu
Revers de la médaille de la désescalade : TotalEnergies recule nettement de 5,60 % à 74,82 euros. La major pétrolière subit la correction logique liée à l'anticipation d'une détente sur les cours du brut. Tant que le détroit d'Ormuz restait menacé, les valeurs pétrolières avaient constitué un refuge. L'annonce du cessez-le-feu inverse cette logique.
Safran cède 1,50 % à 283 euros, tandis qu'Euronext abandonne 0,56 % à 143 euros. L'opérateur boursier a par ailleurs annoncé qu'il propose un dividende de 3,18 euros par action au titre de l'exercice 2025, soumis au vote de l'assemblée générale du 20 mai. Orange reste stable à 18 euros.
Du côté des actualités industrielles, Engie a annoncé avoir franchi le cap du gigawatt de stockage par batteries en Europe, avec l'acquisition de deux projets en Espagne et le début de construction d'un premier système en France. Le titre progresse modestement de 0,69 % à 29,23 euros, dans l'ombre des mouvements spectaculaires qui dominent la cote ce matin.
Cette ouverture traduit avant tout un phénomène de soulagement brutal. Le cessez-le-feu reste toutefois fragile : Israël a précisé que ses opérations au Liban n'étaient pas couvertes par l'accord, et les pourparlers de vendredi seront déterminants pour confirmer — ou non — la trajectoire de détente.