Le CAC 40 dévisse de plus de 2 % : la crise pétrolière emporte les marchés dans le rouge
Lundi noir à la Bourse de Paris. En début d'après-midi, le CAC 40 chute de 2,2 % à 7 817 points, dans un mouvement de repli généralisé. Sur les 40 valeurs de l'indice, 38 sont dans le rouge. En toile de fond : la flambée exceptionnelle des cours du pétrole, provoquée par la succession contestée à la tête de l'Iran, qui secoue l'ensemble des places financières mondiales.
Un choc pétrolier et géopolitique au cœur de la séance
La nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père l'ayatollah Ali Khamenei à la tête de l'Iran a déclenché une onde de choc sur les marchés pétroliers. Le Brent et le WTI ont connu des variations intra-journalières exceptionnelles, avec des hausses initiales dépassant respectivement 29 % et 31 %, avant de se réduire partiellement. Du jamais-vu en une seule séance. Cette succession dynastique a suscité la colère de Washington : le président américain Donald Trump avait précédemment affiché sa volonté de participer au processus de sélection du nouveau dirigeant iranien. La tension diplomatique entre les deux pays ajoute une couche d'incertitude majeure, qui se répercute directement sur l'ensemble des marchés actions.
À Paris, l'indice phare recule de 2,20 % à 7 817,49 points à 14h10. Le SBF 120 suit un chemin quasi identique, à -2,19 %. Seules deux valeurs du CAC 40 parviennent à surnager en territoire positif. Le reste de la cote est emporté dans un mouvement baissier large et homogène, reflet d'un climat d'aversion au risque prononcé.
La tendance n'est pas spécifique à Paris. En Asie, le Nikkei 225 a clôturé en chute libre de 5,20 % à Tokyo, à 52 728 points. Le Hang Seng a cédé 1,35 % à Hong Kong, tandis que le Sensex indien a lâché 1,71 %. En Europe, le DAX allemand perd 1,46 % en séance, et le FTSE 100 londonien recule de 0,99 %.
Thales et TotalEnergies, seuls rescapés dans un océan de rouge
Dans ce paysage quasi uniformément négatif, seules deux valeurs du CAC 40 échappent au repli. Thales progresse de 0,91 % à 243,50 euros. Le groupe de défense et de technologies profite d'un contexte géopolitique tendu qui tend à favoriser le secteur de la défense lors des épisodes d'escalade internationale.
TotalEnergies est quasiment stable, à +0,01 % et 68,01 euros. Le géant pétrolier bénéficie mécaniquement de l'envolée des cours du brut. Goldman Sachs a par ailleurs relevé son objectif de cours sur le titre, de 60 à 68 euros, tout en maintenant sa recommandation inchangée. Derrière ces deux rares îlots de vert, Publicis (-0,11 %), Pernod Ricard (-0,79 %) et Capgemini (-0,82 %) limitent leurs pertes par rapport au reste de l'indice, mais restent eux aussi orientés à la baisse.
ArcelorMittal sanctionné, les industrielles en première ligne
Au rang des plus fortes baisses, ArcelorMittal plonge de 6,51 % à 44,78 euros, la chute la plus sévère de l'indice. Le sidérurgiste subit une double peine : outre le contexte global défavorable, JP Morgan a brutalement dégradé sa recommandation sur le titre, passant de « surpondérer » à « sous-pondérer », et abaissé son objectif de cours de 53,50 à 40 euros. Un retournement complet de la part de la banque américaine, qui pèse lourdement sur le titre.
Derrière ArcelorMittal, les valeurs industrielles et cycliques paient un tribut particulièrement élevé. Schneider Electric cède 4,41 % à 238,35 euros. Le groupe Unibail-Rodamco-Westfield, poids lourd de l'immobilier commercial, perd 4,38 % à 93,54 euros. Legrand recule de 3,74 % à 132,40 euros, et Michelin abandonne 3,58 % à 29,92 euros. L'ampleur du repli sur ces valeurs, exposées à la conjoncture économique mondiale, illustre la crainte que le choc pétrolier en cours ne pèse sur la croissance globale et ne ravive les pressions inflationnistes.
Avec 38 valeurs sur 40 dans le rouge et aucune stable, cette séance du 9 mars s'inscrit comme l'une des plus difficiles des dernières semaines pour le CAC 40. Les regards restent braqués sur l'évolution de la crise irano-américaine et sur l'amplitude finale des variations du pétrole, dont les mouvements de cette journée sont déjà historiques.