Le CAC 40 flirte avec l'équilibre en milieu de séance, Airbus et Sanofi limitent le repli
La Bourse de Paris évolue en léger repli en milieu de séance ce mardi, l'indice CAC 40 reculant de 0,14 % à 8 109,7 points. À trois jours du réveillon de Noël et dans un volume d'échanges amoindri, la place parisienne peine à trouver une direction claire, après avoir clôturé la veille en baisse de 0,37 %. Si certaines valeurs défensives tirent leur épingle du jeu, plusieurs poids lourds du luxe et des services pèsent sur la tendance générale. Les investisseurs restent prudents dans un contexte marqué par la fin d'année et l'absence de catalyseurs majeurs susceptibles d'animer les échanges.
Airbus et Sanofi soutiennent la cote parisienne
Du côté des hausses, Airbus prend la tête avec une progression de 0,45 % à 196,60 euros, porté par des actualités commerciales encourageantes. Le constructeur aéronautique a livré le 22 décembre son premier A350-1000 à Philippine Airlines, premier appareil d'une commande de neuf exemplaires, confirmant la montée en cadence de ce programme malgré les contraintes d'approvisionnement qui continuent de peser sur le secteur. Le 11 décembre, Airbus et ses partenaires avaient par ailleurs finalisé avec succès des essais de récupération d'énergie de sillage sur des vols au-dessus de l'Atlantique Nord, démontrant l'innovation technologique du groupe dans l'optimisation de l'efficacité énergétique.
Dans le sillage du géant de Toulouse, Stellantis gagne 0,41 % à 9,49 euros et Orange s'adjuge 0,39 % à 13,98 euros. Le groupe de télécommunications bénéficie de perspectives financières rassurantes, avec des objectifs 2025 confirmés lors de la publication de ses résultats au troisième trimestre, notamment une croissance de l'EBITDAaL d'au moins 3,5 % et un cash-flow organique des activités télécoms d'au moins 3,6 milliards d'euros. Sanofi affiche également une performance positive avec un gain de 0,33 % à 81,85 euros. Le laboratoire pharmaceutique a annoncé récemment un accord avec le gouvernement américain pour réduire de 61 % en moyenne le prix de certains médicaments destinés aux programmes Medicaid, tout en s'engageant à investir 2,3 milliards de dollars dans la bioproduction aux États-Unis. Cet accord volontaire, conclu avec l'administration du président Donald Trump, prévoit également une période de trois ans sans application des droits de douane de la Section 232 sur les produits importés par Sanofi. Par ailleurs, le Dupixent a reçu le 23 décembre une autorisation de mise sur le marché au Japon pour le traitement de l'asthme bronchique chez les enfants de 6 à 11 ans atteints d'une forme sévère ou réfractaire, renforçant le portefeuille du blockbuster dans une indication pédiatrique stratégique.
Enfin, LVMH progresse modestement de 0,29 % à 629,50 euros, dans un contexte où le secteur du luxe reste sous pression.
Les valeurs technologiques et industrielles pèsent sur l'indice
À l'opposé, Capgemini subit la plus forte correction du jour avec un recul de 1,52 % à 142,25 euros, entraînant le secteur des services informatiques dans son sillage. Renault abandonne 1,25 % à 35,63 euros, pénalisé par les incertitudes qui continuent d'entourer le secteur automobile européen. Le constructeur au losange avait pourtant confirmé fin octobre ses perspectives financières pour 2025, avec une marge opérationnelle du groupe visée autour de 6,5 % et un free cash-flow anticipé entre 1,0 et 1,5 milliard d'euros.
Publicis Groupe recule de 1,02 % à 87,54 euros, malgré des résultats trimestriels solides publiés en octobre. Le géant de la communication avait alors relevé son objectif de croissance organique 2025 pour viser le haut de la fourchette à 5,5 %, tout en confirmant une marge opérationnelle légèrement supérieure à 18 % sur l'année. EssilorLuxottica cède 0,84 % à 270,30 euros, tandis qu'ArcelorMittal abandonne 0,83 % à 38,02 euros. Le sidérurgiste pâtit d'un environnement difficile pour l'acier, dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale et de pression sur les marges. Ces replis traduisent une certaine prudence des opérateurs avant la période de clôture des marchés mercredi 24 décembre en début d'après-midi, la Bourse de Paris devant fermer peu après 14 heures conformément au calendrier des jours fériés.
Une fin d'année sans relief pour les marchés européens
La séance du mardi s'inscrit dans une semaine écourtée par les fêtes de fin d'année, marquée par l'absence de catalyseurs économiques majeurs susceptibles d'impulser une dynamique forte aux marchés. Lundi, la Bourse de Paris avait déjà terminé en léger recul de 0,37 % à 8 121,07 points, au terme d'une séance sans relief. Depuis le début de l'année, l'indice parisien affiche néanmoins une progression de plus de 10 %, performance qui le place dans le sillage de ses homologues européens Londres et Francfort, en hausse de plus de 20 %.
À l'agenda cette semaine, les États-Unis publieront mardi leur dernière estimation du PIB, attendue à 3,2 % au troisième trimestre, selon les analystes. En France, les discussions se poursuivent pour doter le pays d'un budget en début d'année, dans un contexte politique toujours délicat. Les volumes d'échanges devraient rester particulièrement faibles jusqu'à la fin de l'année, de nombreux investisseurs institutionnels ayant déjà bouclé leurs positions.
La Bourse de Paris sera fermée mercredi 25 et jeudi 26 décembre pour les fêtes de Noël, avant une réouverture vendredi 27 décembre. Le mercredi 31 décembre, les marchés clôtureront également plus tôt, peu après 14 heures, avant la fermeture du 1er janvier pour le Nouvel An. Cette période de fin d'année offre traditionnellement peu de visibilité aux opérateurs, qui attendent désormais la rentrée de janvier pour retrouver des volumes plus significatifs et évaluer les perspectives économiques pour 2026. Les analystes restent partagés sur l'évolution du CAC 40 l'an prochain, certains évoquant un potentiel de rebond des profits en Europe porté par la politique monétaire accommodante de la BCE, tandis que d'autres pointent les incertitudes politiques et budgétaires qui pourraient freiner l'optimisme des investisseurs.