Le CAC 40 flirte avec l'équilibre en fin d'après-midi, dans l'attente des fêtes
La Bourse de Paris affiche ce vendredi en fin d'après-midi une progression quasi imperceptible de 0,01 %, à 8 151,38 points, dans des volumes d'échanges déjà ralentis par l'approche des congés de fin d'année. Après une semaine marquée par les décisions monétaires des banques centrales – la BCE maintenant ses taux, la Banque d'Angleterre les réduisant prudemment et la Banque du Japon les relevant –, les opérateurs digèrent ces multiples signaux sans manifester d'orientation franche. L'indice parisien conserve néanmoins un gain hebdomadaire proche de 1 % et n'évolue plus qu'à environ 160 points de son record historique des 8 314 points, ce qui pourrait encourager quelques prises de positions avant la traditionnelle trêve des confiseurs.
Les valeurs cycliques et automobile tirent la cote parisienne
Au sein du CAC 40, ce sont les valeurs cycliques qui se distinguent particulièrement en cette fin de semaine pré-natalice. Accor s'octroie la première place du palmarès avec un bond de 1,95 % à 48,06 euros, accompagné du groupe aéronautique Safran qui grimpe de 1,63 % à 306,30 euros. Renault progresse de 1,65 % à 36,28 euros et salue le relèvement de sa note de crédit à BBB- par S&P Global, avec une perspective stable. Cette amélioration de notation reflète la transformation en cours chez le constructeur au losange, qui vient de publier des perspectives financières 2025 confirmées avec une marge opérationnelle autour de 6,5 % et un free cash-flow entre 1 et 1,5 milliard d'euros. Le secteur de l'énergie participe également au mouvement haussier avec Engie en progression de 1,27 % à 22,28 euros, tandis que STMicroelectronics gagne 1,21 % à 22,18 euros après plusieurs révisions à la hausse d'objectifs de cours par des analystes, dont Oddo BHF qui a porté sa cible de 28 à 30 euros le 17 décembre et Mizuho Securities qui l'a relevée de 22 à 26 euros le 16 décembre. Cette dynamique positive sur les valeurs industrielles et cycliques témoigne d'un certain optimisme des investisseurs quant aux perspectives économiques, malgré un environnement macroéconomique encore incertain. Les volumes restent toutefois contenus, de nombreux gérants ayant déjà bouclé leurs arbitrages avant les congés.
Le luxe et les matériaux sous pression en cette fin de séance
À l'opposé, le compartiment du luxe accuse le coup en cette dernière séance avant le week-end, avec Kering en tête des replis à -2,50 % à 302,55 euros. Le groupe propriétaire de Gucci subit la pression malgré l'annonce le 11 décembre de la cession de Kering Beauté à L'Oréal, opération qui devrait être finalisée au premier semestre 2026. Oddo BHF a d'ailleurs initié une recommandation neutre sur le titre le 18 décembre avec un objectif de 322 euros. Hermès International recule de 1,96 % à 2 102 euros et L'Oréal cède 1,30 % à 371 euros, reflétant une prise de bénéfices après plusieurs séances favorables pour le secteur. Saint-Gobain abandonne 2,05 % à 86,08 euros, après avoir annoncé le 3 décembre l'annulation de 4 243 098 actions autodétenues, réduisant ainsi le nombre total d'actions composant son capital à 495 millions. Bernstein a d'ailleurs abaissé le 18 décembre son objectif de cours de 100 à 95 euros tout en maintenant sa recommandation de performance de marché. ArcelorMittal clôture également dans le rouge avec un recul de 1,60 % à 38,09 euros, malgré des révisions positives d'analystes comme Zacks qui a relevé le 16 décembre son objectif de 45 à 48 euros. Ces replis sectoriels n'entament toutefois pas fondamentalement l'orientation globalement stable de l'indice parisien, qui parvient à préserver un équilibre ténu entre acheteurs et vendeurs en cette période d'activité réduite.
Une fin d'année dans l'expectative avant les prochains rendez-vous de janvier
L'indice STOXX Europe 600 a établi un nouveau plus haut historique tandis que le CAC 40 s'adjugeait 0,8 % à 8 150,6 points jeudi, avec un gain qui atteint environ 1 % sur la semaine. Cette performance intervient dans un contexte où les investisseurs ont digéré les multiples décisions de banques centrales. La BCE a maintenu jeudi ses taux d'intérêt inchangés, tandis que la Banque d'Angleterre a réduit ses taux mais avec une certaine prudence quant au rythme de l'assouplissement futur. Les marchés n'anticipent désormais qu'une faible probabilité de nouvelles baisses de taux en 2026. Aux États-Unis, les données d'inflation publiées jeudi ont montré un ralentissement des prix plus marqué qu'attendu, mais les opérateurs restent prudents quant aux implications pour la politique monétaire de la Fed. La composition du CAC 40 va changer le 22 décembre 2025, avec la sortie d'Edenred et l'entrée d'Eiffage, groupe spécialisé dans le BTP et les concessions. Cette recomposition interviendra juste avant la fin de l'année et pourrait générer quelques mouvements techniques sur ces valeurs. En attendant la reprise effective des échanges début janvier, les investisseurs scruteront les premiers indicateurs économiques de 2026, notamment les PMI manufacturiers qui donneront le ton de l'activité industrielle en zone euro et aux États-Unis. L'année 2026 s'annonce chargée avec de nombreux enjeux géopolitiques et monétaires qui devraient animer les marchés dès les premiers jours de janvier.