Le CAC 40 termine à -1%, ArcelorMittal et Unibail lourdement sanctionnés
La Bourse de Paris traverse une séance difficile ce lundi 9 mars. En fin d'après-midi, l'indice phare de la place parisienne abandonne 0,98% à 7 915 points, pénalisé par un mouvement de défiance généralisé qui touche particulièrement les valeurs cycliques et l'immobilier. Sur les dix principales capitalisations suivies, seules deux parviennent à tirer leur épingle du jeu, tandis que huit titres affichent des pertes parfois substantielles.
ArcelorMittal et Unibail-Rodamco entraînent la cote vers le bas
Le sidérurgiste ArcelorMittal subit la correction la plus violente de la séance avec un recul de 4,36% à 45,81 euros. Cette chute intervient alors que JP Morgan a dégradé ce lundi même sa recommandation de « surpondérer » à « sous-pondérer », tout en abaissant drastiquement son objectif de cours de 53,50 euros à 40 euros. Cette révision reflète les inquiétudes croissantes sur le secteur de l'acier dans un contexte de ralentissement économique. Le groupe minier et métallurgique fait ainsi office de lanterne rouge parmi les valeurs suivies.
Unibail-Rodamco-Westfield n'est pas en reste avec une chute de 3,86% à 94,04 euros, signe des difficultés persistantes du secteur de l'immobilier commercial. La foncière spécialisée dans les centres commerciaux continue de pâtir d'un environnement défavorable. Accor complète le podium des plus fortes baisses avec un repli de 3,48% à 41,82 euros, témoignant d'une défiance marquée envers le secteur de l'hôtellerie alors que le conflit au Moyen-Orient ne s'améliore pas. Le compartiment automobile n'est pas épargné : Stellantis recule de 2,85% à 5,996 euros, poursuivant sa trajectoire baissière amorcée depuis la publication fin février d'une perte nette historique de 22,3 milliards d'euros pour l'exercice 2025. L'Oréal, poids lourd du luxe, cède 2,82% à 360,45 euros, reflétant une rotation sectorielle défavorable aux valeurs de consommation discrétionnaire.
Thales résiste, TotalEnergies et Publicis limitent la casse
Dans ce marasme généralisé, seule Thales parvient à afficher une progression notable avec un gain de 1,33% à 244,50 euros. Le groupe de défense et d'électronique bénéficie du contexte géopolitique. TotalEnergies limite les dégâts avec une légère avancée de 0,90% à 68,61 euros, profitant notamment du relèvement ce lundi par Goldman Sachs de son objectif de cours de 60 à 68 euros, tout en maintenant sa recommandation « conserver ». Cette révision à la hausse témoigne d'une réévaluation prudente du géant pétrolier français dans un marché énergétique complexe. Les valeurs défensives comme Publicis Groupe résistent également mieux que la moyenne avec un léger recul limité à 0,47% à 75,52 euros. Le groupe de communication, qui a dévoilé le 3 février une croissance organique de 5,6% en 2025 avec une marge opérationnelle à 18,2%, continue de rassurer les investisseurs par la solidité de ses fondamentaux. Airbus (-0,68%), Engie (-0,53%) complètent le groupe des valeurs les moins malmenées de cette séance compliquée, témoignant d'une résilience relative des grands groupes d'infrastructure et d'aéronautique face à la tempête boursière du jour.
Un contexte de marché fragile avant les prochains rendez-vous économiques
Cette séance morose illustre la nervosité persistante des investisseurs dans un environnement marqué par des incertitudes macroéconomiques et géopolitiques. L'ampleur de la correction, qui affecte particulièrement les valeurs cycliques et l'immobilier, suggère une aversion au risque accrue de la part des opérateurs de marché. Les secteurs les plus exposés à la conjoncture économique - sidérurgie, foncières commerciales, automobile - subissent de plein fouet ce mouvement de défiance, tandis que les valeurs liées à la défense et à l'énergie résistent mieux.
La capacité du CAC 40 à se ressaisir dans les prochaines séances dépendra largement de l'évolution du conflit entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis, et de la tonalité des résultats d'entreprises encore à venir.