Le secteur des logiciels décroche de 31 % en trois mois, emporté par la chute de ses poids lourds
Alors que le CAC 40 gagne près de 7 % sur la même période, le secteur des logiciels cotés à Paris s'enfonce dans une correction sévère : –30,9 % en trois mois. Ce décrochage spectaculaire, qui s'accentue encore ce jeudi avec un recul de près de 2 % en séance, dessine une divergence rarement observée entre la technologie logicielle et le reste de la cote parisienne.
Dassault Systèmes et Capgemini entraînent le secteur dans leur sillage
La dynamique baissière est largement dictée par les mastodontes du compartiment. Dassault Systèmes, qui représente à lui seul plus de 23 milliards d'euros de capitalisation, recule de 30,4 % sur trois mois et cède encore 2,4 % ce jeudi, à 17,22 euros. CAPGEMINI, deuxième capitalisation du secteur avec plus de 17 milliards d'euros, évolue sur la même trajectoire avec un repli de 1,8 % en séance. Plus bas, QUADIENT (–30,2 % sur trois mois) et Vusion accusent des écarts comparables avec leurs moyennes mobiles longues. Sur les 18 valeurs du secteur, 13 sont dans le rouge ce jeudi, contre seulement 4 en hausse.
Le contexte de marché n'aide guère : le VIX s'établit à 25,78, en hausse de près de 7 %, signalant un niveau de tension élevé, alimenté par les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient — notamment la fragilité du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran et les frappes israéliennes au Liban. Mais au-delà de l'actualité, c'est aussi le potentiel bouleversement lié à l'essor de l'IA qui semble refroidir les investisseurs.
Une tendance baissière de fond qui ne donne pas encore de signal de retournement
Le tableau technique du secteur reste dégradé. Le cours moyen pondéré par les capitalisations évolue nettement sous ses moyennes mobiles à 50 et 200 jours, confirmant une tendance baissière tant à moyen qu'à long terme. Le RSI sectoriel, à 46,6, se situe en zone neutre — ni survente ni surachat — ce qui exclut a priori un signal de rebond technique imminent. Seul élément potentiellement favorable : le MACD pondéré repasse au-dessus de sa ligne de signal, ce qui peut traduire un début de décélération de la pression vendeuse.
Mais ce frémissement reste fragile au regard de l'ampleur de la correction subie. L'écart de près de 38 points de performance avec le CAC 40 sur trois mois illustre une rotation sectorielle massive, au détriment de la technologie logicielle. À ce stade, les données techniques ne permettent pas de conclure à un plancher : le mouvement s'apparente davantage à une tendance de fond baissière qu'à un simple épisode correctif. L'environnement de volatilité élevée et les tensions géopolitiques actuelles n'offrent pas non plus de catalyseur identifiable susceptible d'inverser cette trajectoire à court terme.