Action ST : une année 2025 marquée par une sous-performance de près de 20 points face au CAC 40
Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs affiche un recul de 7,56 % sur l'année, là où l'indice parisien gagne plus de 10%. Entre déceptions répétées sur les marges, chute brutale estivale et timides signes de reprise au second semestre, STMicroelectronics traverse une phase de transition marquée par une profonde restructuration industrielle. Le consensus des analystes table néanmoins sur un rebond potentiel de 35 % par rapport au cours de fin d'année.
Deux chutes marquantes ont concentré l'essentiel de la pression baissière
L'écart de performance avec le CAC 40 s'explique principalement par deux phases de forte correction. La première, fin juillet, a vu le titre perdre 21 % en quatre jours seulement, dans un contexte où le groupe a dévoilé des perspectives jugées décevantes pour le trimestre en cours. Le groupe franco-italien a annoncé s'attendre à une nouvelle baisse de ses résultats au troisième trimestre sur un an, avec un chiffre d'affaires net de 3,17 milliards de dollars et une marge brute d'environ 33,5 %, contre 37,8 % un an plus tôt. Après les prévisions décevantes de NXP et de Texas Instruments, STMicroelectronics a fermé la marche du principal indice parisien en raison de prévisions de marge plus faibles qu'attendu. La seconde correction, en octobre, a coûté 15,44 % au titre sur trois jours, à la suite de la publication trimestrielle. Une phase de hausse de 15,63 % en mai, portée par l'optimisme sectoriel autour de TSMC, n'a pas suffi à inverser la tendance annuelle. Le titre du spécialiste des semi-conducteurs a été particulièrement recherché en Bourse, profitant de la bonne publication de son concurrent Taiwan Semiconductor Manufacturing Company.
Des résultats en repli malgré une amélioration séquentielle au troisième trimestre
Au troisième trimestre 2025, STMicroelectronics a enregistré un chiffre d'affaires de 3,19 milliards de dollars, en baisse de 2,0 % sur un an mais en progression de 15,2 % par rapport au trimestre précédent. Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires cumulé s'établit à 8,470 millions de dollars. La marge brute s'est élevée à 33,2 % et la marge opérationnelle à 5,6 %, pénalisées par les charges de restructuration et de capacités inutilisées. Le résultat net a atteint 237 millions de dollars. Le ratio de prises de commandes sur facturations (« book-to-bill ») a été supérieur à un sur la 2eme partie de l'année, avec l'Automobile au-dessus de la parité et l'Industriel à parité.
Un pari sur la restructuration face à des risques persistants
Les opportunités structurelles restent intactes. L'acquisition de l'activité MEMS de NXP doit renforcer le portefeuille produits, tandis que le programme de restructuration industrielle vise à générer des économies de coûts annuelles de plusieurs centaines de millions de dollars d'ici fin 2027. La génération de free cash flow s'améliore progressivement, avec 130 millions de dollars dégagés au troisième trimestre.