Wall Street clôture l'année en demi-teinte : les semi-conducteurs IA tirent les indices vers le haut
La dernière séance de 2025 à Wall Street s'est déroulée dans la continuité d'une année mouvementée, marquée par les investissements massifs en intelligence artificielle et les incertitudes macroéconomiques. L'indice S&P 500 a progressé de 0,46 % pour clôturer à 6 909,79 points, tandis que le Dow Jones a grappillé 0,16 % à 48 442 points. Si cette performance modeste des indices larges ne reflète pas la vivacité du marché, elle cache en réalité des mouvements très différenciés entre secteurs. D'un côté, les valeurs technologiques liées à l'intelligence artificielle poursuivent leur belle dynamique, portées par des annonces encourageantes sur les commandes et les perspectives de croissance. De l'autre, certains segments souffrent, notamment les biotechs en deuil de la confiance et les énergies renouvelables confrontées aux doutes sur leur développement futur.
Les semi-conducteurs IA conservent leurs faveurs : Marvell et Broadcom en tête
C'est dans le secteur des semi-conducteurs que se trouvent les plus fortes progressions de la journée. Marvell Technology a grimpé de 3,40 % à 87,68 dollars, bénéficiant de la confiance durable des investisseurs dans sa capacité à capturer une part significative du marché des processeurs d'IA personnalisés. L'action du groupe a été soutenue par des analystes enthousiastes qui voient en la société un pur jeu sur l'IA, offrant une valorisation plus attrayante que ses concurrents mieux établis mais aussi plus onéreux.
Broadcom n'a pas manqué à l'appel avec un gain de 2,30 % à 349,32 dollars, confirmant son statut de bénéficiaire majeur des dépenses d'infrastructure des géants de la technologie. Nvidia, avec ses +3,01 %, demeure un moteur important de la séance à 189,21 dollars. Ce socle technologique reste solidement ancré dans les portefeuilles des gestionnaires de fonds, qui ne cesse de reconduire leurs positions sur la certitude que les dépenses en capital en matière d'IA vont poursuivre leur progression tout au long de 2026. Les analystes anticipent une accélération des commandes au premier trimestre 2026, portée par le déploiement des modèles de nouvelle génération. Cette dynamique contraste avec les inquiétudes récurrentes sur l'efficacité réelle de ces investissements massifs et sur les risques de surproduction de capacité.
Les énergies et les grands cycliques profitent de la reprise économique
Au-delà du secteur technologique, ce sont les valeurs énergétiques et matériaux qui ont tiré profit de la journée. Expand Energy, société productrice de gaz naturel, a progressé de 3,09 % à 111,17 dollars, portée par les perspectives de demande énergétique liée à la multiplication des data centers et par l'optimisme sur les prix du gaz en hiver. Freeport-McMoRan a grimpé de 2,49 % à 51,90 dollars, profitant de l'appétit durable pour le cuivre, métal critique pour la transition énergétique et l'infrastructure électrique. Cette performance reflète aussi une certaine rotation des investisseurs depuis les valeurs les plus à la mode vers des titre offrant des rendements plus directs et moins volatiles.
Des entreprises comme Jabil, le géant de la sous-traitance électronique, ont avancé de 2,30 % à 235,07 dollars, bénéficiant de la demande continue en équipements de refroidissement liquide pour les data centers d'IA. Philip Morris International a également enregistré un gain de 1,48 % à 162,06 dollars, soutenu par des perspectives d'amélioration des marges et une politique de dividendes généreuse. Ces progressions illustrent un marché qui, au-delà des grands noms technologiques, demeure capable de trouver des sources de croissance et de profitabilité dans les secteurs plus traditionnels.
Moderna s'effondre tandis que les renouvelables et les valeurs défensives peinent
L'autre facette de cette séance est marquée par des replis significatifs qui témoignent d'une sélectivité accrue des investisseurs. Moderna a subi un effondrement de 7,48 % pour clôturer à 32,29 dollars, poursuivant une débâcle qui reflète l'épuisement de la demande de vaccins anti-Covid et les déceptions relatives aux perspectives de la division d'innovation en mRNA.
First Solar a reculé de 5,34 % à 269,39 dollars, victimisée par les perspectives d'un ralentissement du déploiement solaire en 2026, notamment en Chine, géant du secteur qui modère son rythme. Norwegian Cruise Line Holdings s'est affaiblie de 4,78 % à 23,11 dollars, reflétant l'inquiétude récurrente des investisseurs sur la résilience de la demande de services touristiques en période économique incertaine.
Enphase Energy a lâché 3,82 %, confrontée aux mêmes défis que le secteur des énergies renouvelables. Les valeurs défensives et de consommation discrétionnaire ont également peiné : PepsiCo a reculé de 2,29 %, Best Buy de 2,41 %, et des sociétés de loisirs comme Caesars Entertainment ont cédé 2,32 %. Cette configuration suggère que les investisseurs expriment une certaine prudence face aux perspectives économiques globales pour 2026, malgré les signaux positifs en matière d'IA et de croissance aux États-Unis.