Wall Street finit en légère hausse dans un marché toujours nerveux
Un répit fragile après la tempête tarifaire
Les marchés tentent de se ressaisir après les annonces du 2 avril, lorsque Donald Trump a décrété des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 104 % sur les importations chinoises. Cette mesure avait provoqué une onde de choc : le CAC 40 avait chuté de 12 % en deux semaines, tandis que le S&P 500 oscillait à -18,4 % de son plus haut de février.
La récente accalmie s'explique par des exemptions sectorielles, notamment dans la tech, et une baisse des taux longs à 4,38 %. Les investisseurs restent néanmoins sur le qui-vive, l'indice VIX de volatilité conservant un niveau élevé à 30,89.
Secteurs et valeurs en mouvement
Goldman Sachs affiche une hausse de 1,93 % après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. L'immobilier et les utilities mènent la danse avec des gains sectoriels dépassant 1,24 % pour l'indice S&P 500 équipondéré. Les technologiques bénéficient d'un répit après l'exemption temporaire des surtaxes douanières, permettant à des valeurs comme Apple ou Microsoft de stabiliser leur cours.
Les risques persistants d'un « bear market »
Malgré le rebond récent, les craintes d'un marché baissier planent toujours. Lori Calvasina de RBC Capital Markets anticipe un plongeon de 27 % à 32 % du S&P 500 en cas de récession. Les craintes s'ancrent dans les fondamentaux : le repli des volumes d'échanges (-35 % sur le NYSE depuis mars) et le « death cross » technique observé sur le S&P 500 et le Nasdaq. « Les marchés pensent que demain sera sombre », résumait la semaine dernière Isabelle This Saint-Jean, économiste à la Sorbonne, pointant le risque d'une escalade tarifaire sino-américaine qui pèserait sur 60 % des chaînes d'approvisionnement globales. La prochaine résistance technique du S&P 500 se situe à 5 150 points, seuil psychologique qui pourrait déterminer la tendance pour le trimestre.