BCE : la prudence l’emporte face à une inflation stabilisée
Avec une inflation stable autour de 2 %, la BCE devrait maintenir ses taux, malgré un ralentissement économique.
Une inflation sous contrôle, mais contrastée
Les derniers chiffres publiés par Eurostat confirment une inflation quasi stable à 2,1 % en août, après 2 % en juillet. Dans le détail, la légère hausse résulte surtout d’un effet de base sur l’énergie : les prix de l’électricité et du gaz continuent de baisser, mais moins fortement que l’an passé. L’inflation hors énergie, elle, reste inchangée à 2,5 %, et l’inflation sous-jacente recule légèrement à 2,3 %.
« Ces données montrent que l’inflation s’est bien stabilisée en zone euro, autour de l’objectif de la BCE », analyse Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management. Mais derrière la moyenne européenne se cache une hétérogénéité frappante : de -0,1 % à Chypre à 6,2 % en Estonie. La France affiche l’une des inflations les plus faibles, à 0,8 %, contre 1,7 % en Italie et 2,1 % en Allemagne.
Cette disparité complique la tâche de la BCE. Certains pays auraient besoin d’une politique plus accommodante, d’autres au contraire d’un resserrement. Dans un tel contexte, le statu quo devient l’option de compromis.
Des risques symétriques pour la croissance et les prix
Si l’inflation semble sous contrôle, les risques restent nombreux. D’un côté, les tarifs douaniers américains pourraient renchérir les coûts d’importation, y compris pour l’Europe. Des hausses de prix alimentaires liées aux dérèglements climatiques ou des tensions persistantes sur le marché du travail pourraient aussi relancer la pression inflationniste.
De l’autre côté, le ralentissement de la croissance menace d’entraîner une désinflation trop marquée. Au deuxième trimestre 2025, le PIB réel de la zone euro n’a progressé que de 0,12 %, contre 0,57 % trois mois plus tôt. L’Allemagne inquiète particulièrement : sa croissance annuelle plafonne à 0,23 %, et sans l’accumulation de stocks, son PIB serait en recul. La France fait légèrement mieux (+0,72 % sur un an), mais là aussi, la croissance repose en grande partie sur la constitution de stocks.
Pour Eric Dor, cette situation appelle à la prudence : « La conjonction de risques à la hausse et à la baisse de l’inflation incitera probablement la BCE à maintenir ses taux inchangés. » Autrement dit, après huit baisses consécutives, l’institution de Francfort devrait marquer une pause pour évaluer l’équilibre entre soutien à l’activité et vigilance sur les prix.
Vers une politique monétaire stable
Pour Eric Dor, cette situation appelle à la prudence : « La conjonction de risques à la hausse et à la baisse de l’inflation incitera probablement la BCE à maintenir ses taux inchangés. » Autrement dit, après huit baisses consécutives, l’institution de Francfort devrait marquer une pause pour évaluer l’équilibre entre soutien à l’activité et vigilance sur les prix.