Brent au-dessus de 93 $ : l'escalade au Moyen-Orient ravive le choc inflation
Le baril repart à la hausse en ce 1er juin, porté par une nouvelle séquence d'escalade militaire au Liban et par les incertitudes persistantes autour de l'Iran. Le Brent gagne environ 2 % pour s'établir autour de 93,0 $/baril, un niveau qui ravive les interrogations sur la trajectoire de l'inflation importée et sur le calendrier de détente monétaire attendu par les marchés.
Un rebond du baril alimenté par la prime de risque géopolitique
Le Brent repasse au-dessus de 93 $/baril, dans le sillage de l'ordre donné par Israël à ses troupes d'avancer plus profondément dans le sud du Liban contre le Hezbollah, malgré un cessez-le-feu annoncé il y a plus de six semaines. Les échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent en parallèle, bien que les négociations semblent avancer, entretenant une prime de risque sur les flux passant par le détroit d'Hormuz.
Les craintes portent sur de possibles perturbations des cargaisons de pétrole et de GNL, alors que plusieurs tankers réduisent leur vitesse ou réorganisent leurs routes pour limiter leur exposition.
Inflation importée et trajectoire des taux : un scénario à recalibrer
La fermeté des prix de l'énergie pèse mécaniquement sur les économies importatrices, dont la zone euro, et complique la lecture de la désinflation engagée depuis plusieurs trimestres. Ce niveau de prix pourrait retarder le reflux de l'inflation mondiale et maintenir la pression sur les taux longs, alors même que les données récentes pointent un ralentissement de la demande en Chine et en Europe.
Cette tension intervient après l'alerte de Neel Kashkari sur une « onde de choc inflationniste » liée au conflit avec l'Iran. Les marchés obligataires recalibrent en conséquence le scénario d'atterrissage en douceur, avec un risque accru d'inflation importée pour les pays dépendants des hydrocarbures.
Dispersion sectorielle sur les marchés actions
Sur les marchés actions, ce contexte tend à amplifier la dispersion entre secteurs. Les valeurs énergétiques bénéficient mécaniquement d'un baril ferme, tandis que les secteurs énergivores, le transport ou la consommation discrétionnaire restent exposés à une compression des marges si la hausse des coûts d'approvisionnement se prolonge.
Le contexte géopolitique global tendu ne se limite pas au Moyen-Orient. L'armée de l'air ukrainienne, citée par The Washington Post, fait état de 299 drones lancés par la Russie sur la dernière séquence, dont 212 interceptés, plusieurs installations civiles et énergétiques ayant été touchées.
S'ajoute un signal sanitaire suivi par les autorités de santé : selon l'Organisation mondiale de la santé via MedicalXpress, l'épidémie d'Ebola (virus Bundibugyo) en RDC et en Ouganda compte 134 cas confirmés, dont 9 en Ouganda, et 18 décès au 29 mai 2026. Ces chiffres évoluent rapidement et ne préjugent pas d'une flambée, mais s'ajoutent à la liste des facteurs exogènes qui peuvent impacter plus ou moins durablement les économies.