Fed : Neel Kashkari alerte sur un choc inflationniste mondial lié à la guerre en Iran
À Tokyo, le président de la Réserve fédérale de Minneapolis Neel Kashkari a indiqué le 27 mai 2026 que la banque centrale américaine devait se concentrer sur des risques d'inflation qui « semblent se construire », tout en jugeant « beaucoup trop tôt » pour fixer le calendrier du prochain mouvement de taux. Selon les propos rapportés par Reuters, le responsable estime que la guerre en Iran et la flambée des prix de l'énergie constituent une « onde de choc inflationniste » mondiale qui s'ajoute à cinq années d'inflation déjà élevée. Une prise de position qui intervient alors que les marchés monétaires intègrent une probabilité croissante de relèvement de taux dès la réunion d'automne.
Une Fed qui rééquilibre son mandat vers le risque de prix
Neel Kashkari considère désormais que le risque pesant sur l'inflation est supérieur à celui d'un net affaiblissement du marché du travail américain, ce qui plaiderait pour le maintien d'une politique monétaire restrictive plus longtemps. Le responsable met en garde contre le danger de laisser s'installer l'idée que la Fed ne serait pas déterminée à ramener l'inflation vers la cible de 2 %, un scénario susceptible de désancrer les anticipations et de provoquer une réaction brutale des marchés obligataires.
Il plaide en parallèle pour une communication « neutre », laissant ouverte la possibilité d'un mouvement à la hausse comme à la baisse selon les prochaines publications macroéconomiques. Ces déclarations reflètent toutefois la position d'un seul membre du FOMC et non une décision collégiale : le calendrier et l'ampleur d'éventuels ajustements de taux resteront tributaires des prochaines données d'inflation, d'activité et d'emploi aux États-Unis.
Le pétrole, vecteur principal de la pression inflationniste
Les marchés pétroliers offrent une illustration directe du contexte évoqué par le responsable de la Fed. Le WTI s'échangeait autour de 92 USD/baril le 27 mai 2026 en début de séance européenne, tandis que le Brent évoluait à environ 98 USD, la référence européenne conservant une prime liée à l'exposition aux routes maritimes du Golfe.
La prime de risque géopolitique reste élevée dans un contexte de négociations fragiles autour du détroit d'Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole mondial. Tant que cette prime se maintient, elle alimente mécaniquement la composante énergie des indices de prix de part et d'autre de l'Atlantique, justifiant la prudence affichée par plusieurs membres du FOMC sur la trajectoire de désinflation.
Un scénario adverse chiffré pour l'économie européenne
Une analyse publiée le 27 mai 2026 par le Joint Research Centre de la Commission européenne quantifie l'impact d'une crise prolongée au Moyen-Orient sur l'économie de l'Union. Dans ce scénario adverse, le prix du pétrole atteindrait environ 180 USD/baril et celui du gaz environ 80 EUR/MWh au quatrième trimestre 2026, soit plus du double des niveaux du scénario de référence (84,7 USD et 42,2 EUR/MWh).
La croissance du PIB de l'UE serait alors ramenée à 0,7 % en 2026 et 0,7 % en 2027, amputée respectivement de 0,4 et 0,7 point par rapport au scénario de base, tandis que l'inflation serait relevée d'environ 0,3 point en 2026 puis 1,1 point en 2027.