Pétrole : le Brent s'envole de 4 % à 79 $ après les frappes US-Iran sur Ormuz
L'ouverture de semaine s'inscrit sous tension sur les marchés de l'énergie. Une nouvelle vague de frappes américaines contre des cibles iraniennes durant le week-end, à laquelle les Gardiens de la révolution ont répondu en revendiquant des attaques contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, ravive la prime de risque géopolitique autour du détroit d'Ormuz. Chaque camp affirme contrôler cette voie stratégique, par laquelle transitait avant la guerre environ 20 % du pétrole et du GNL échangés dans le monde, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie. Le rebond des cours réactive un canal de transmission déjà bien identifié vers l'inflation importée et les décisions des banques centrales.
Ormuz : le baril reprend une prime de risque géopolitique
Le cours du Brent progressait d'environ 2 % à 77,75 dollars le baril vers 11h ce lundi. Ce mouvement efface le repli récent lié à l'accord intérimaire conclu fin juin et remet la question du transit dans le détroit d'Ormuz au centre des préoccupations de marché.
Avant la guerre, environ 20 % du pétrole et du GNL échangés dans le monde empruntaient ce couloir maritime, d'après l'AIE. Malgré une remontée de 4,1 millions de barils par jour en juin, l'offre mondiale resterait 9,4 mbj sous les niveaux d'avant-conflit, toujours selon l'AIE. L'ONU met en garde contre des conséquences « catastrophiques » en cas de retour à des hostilités à grande échelle, tandis que la réaction relativement contenue des prix traduit, pour les analystes cités par Associated Press, un pari de marché sur une escalade encore limitée à court terme.
Cette séquence prolonge la trajectoire décrite dans notre article Pétrole : le Brent s'envole à nouveau et franchit 80 $, avec des niveaux de cours qui restent, par nature, très évolutifs au fil de la séance.
Inflation importée : le signal japonais et le cas thaïlandais
La hausse du baril alimente directement les prix de production dans les économies importatrices nettes d'énergie. Au Japon, l'indice des prix à la production ressort à +7,1 % sur un an en juin, au-dessus du consensus de +6,8 %, selon les données de la Bank of Japan. Il s'agit de la plus forte hausse depuis mars 2023, tirée par l'énergie et les matières premières dans un contexte de yen faible.
Le tableau est plus nuancé ailleurs en Asie. En Thaïlande, l'inflation globale s'établit à 2,42 % sur un an en juin, dans la fourchette cible de 1 % à 3 %, d'après la Banque de Thaïlande relayée par Reuters. L'institution anticipe une inflation annuelle inférieure à 2,8 % en 2026, ce qui lui laisse une marge pour maintenir une politique accommodante.
Ces publications restent des estimations initiales, susceptibles de révisions ultérieures par les instituts statistiques. Elles illustrent néanmoins l'hétérogénéité des trajectoires d'inflation, un paramètre déjà souligné par le FMI dans son actualisation d'été des Perspectives de l'économie mondiale, qui décrivait une désinflation en panne sous l'effet du choc énergétique.