Le pétrole repasse les 100 $ : l'AIE alerte sur la pire crise pétrolière de l'histoire récente
Le marché pétrolier connaît un nouveau choc. Le 12 mars 2026, le baril de Brent est repassé au-dessus du seuil des 100 dollars, enregistrant une progression de plus de 9 %. Aux États-Unis, le WTI a suivi la même dynamique, grimpant d’environ 8 % pour atteindre près de 95,80 dollars. Cette brusque remontée des cours intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu. Depuis l’offensive lancée le 28 février 2026 par une coalition américano-israélienne contre l’Iran, les tensions militaires au Moyen-Orient perturbent profondément l’approvisionnement mondial en pétrole. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la situation actuelle constitue la perturbation la plus importante observée sur le marché pétrolier depuis plusieurs décennies.
Fermeture du détroit d'Ormuz : le point de bascule géopolitique
L’évolution des prix est étroitement liée au sort du détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le Golfe persique à l’océan Indien. À son point le plus étroit, ce couloir maritime ne mesure qu’une trentaine de kilomètres de large, mais il joue un rôle essentiel dans le commerce mondial du pétrole : environ un cinquième des flux pétroliers mondiaux y transitent chaque jour. La situation s’est encore tendue après la prise de fonctions de Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême iranien.
10 millions de barils perdus par jour : l'ampleur inédite du choc d'offre
Les données publiées par l’AIE illustrent l’ampleur du choc qui frappe le marché pétrolier. La production des pays du Golfe aurait reculé d’au moins 10 millions de barils par jour, soit environ 7,5 % de l’offre mondiale. L’impact est encore plus marqué sur les exportations internationales, car une part importante du pétrole destiné au commerce mondial provient précisément de cette région. Face à cette situation, les membres de l’AIE ont annoncé une libération coordonnée de 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques.