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Dernière mise à jour : 16/12/2025 - 12h16
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Zone euro : la désinflation marque une étape, la croissance reste mise à l’épreuve par les incertitudes politiques

En cette fin d’année 2025, la baisse nette du rythme de l’inflation en zone euro semble offrir un soulagement attendu par les investisseurs. Mais si les prix se rapprochent de la cible de 2 %, la croissance demeure fragile, minée par les turbulences politiques et des tensions internationales persistantes. 

Zone euro : la désinflation marque une étape, la croissance reste mise à l’épreuve par les incertitudes politiques
Temps de lecture : 2 minute(s) - Par La rédaction | Mis à jour le 10-11-2025 08:56 | Publié le 10-11-2025

Désinflation confirmée, la BCE opte pour la stabilité

L’accélération de la désinflation se confirme en zone euro : l’estimation d’octobre 2025 place l’inflation annuelle à 2,1 %, en repli par rapport aux 2,2 % de septembre, soit à un souffle de l’objectif de la Banque centrale européenne. Cette évolution s’explique d’abord par la détente persistante sur les prix de l’énergie, la baisse des matières premières et un environnement économique globalement modéré.

Christine Lagarde, présidente de la BCE, a affiché sa prudence, préférant maintenir les taux directeurs inchangés et préparer les marchés à un statu quo prolongé, avec un taux de rémunération des dépôts stable à 2%.

Si certains analystes soulignent le poids des facteurs exogènes dans cette dynamique, la BCE choisit de temporiser, préservant ainsi une visibilité jugée rassurante pour les opérateurs et laissant la porte ouverte à des ajustements si la reprise économique faiblit. Christophe Boucher, chez ABN Amro Investment Solutions, estime que « les pressions inflationnistes restent orientées à la baisse », mais que la BCE n’envisagera des modifications qu’en cas d’écart notable avec la cible.

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Reprise timide, hétérogénéité persistante

Les données macroéconomiques du troisième trimestre traduisent un léger rebond avec une croissance du PIB de 0,2 %, légèrement supérieure aux attentes. Cette embellie s’accompagne d’une amélioration des indices de confiance économique et d’une consommation mieux orientée au sein des ménages (+0,3% de consommation réelle par habitant). Le secteur des services se distingue par un regain d’activité, tandis que l’industrie pâtit des incertitudes internationales et d’une guerre tarifaire latente. Le marché de l’emploi se maintient, avec un taux de chômage stable à 6,3 %. Néanmoins, cette croissance présente de fortes disparités : le sud de la zone euro bénéficie d’un dynamisme plus affirmé, quand le nord peine à retrouver une réelle vigueur. L’indice composite PMI atteint en octobre 52,5, son plus haut niveau depuis 29 mois, signal d’un climat des affaires en voie de normalisation. Cependant, l’excédent commercial européen poursuit son érosion, et la stagnation du secteur manufacturier pèse toujours sur la dynamique globale.


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Incertitude politique : le facteur clé qui bride la visibilité

Si la désinflation offre un cadre monétaire plus apaisé, la croissance reste pénalisée par les incertitudes d’ordre politique au sein de la zone euro et au-delà. Les tensions géopolitiques persistent en toile de fond, tout comme la volatilité liée à la politique commerciale américaine et aux risques de hausses tarifaires. La BCE, bien que plus optimiste pour 2026 et 2027 – anticipant possiblement 1,3% et 1,8% de croissance lors de sa prochaine révision – rappelle que l’arbitrage reste précaire entre relance et rigueur. La différence de tempo entre la politique monétaire européenne et celle de la Fed alimente également des interrogations sur la compétitivité à moyen terme de l’euro, rendant les projections de croissance délicates malgré des signaux conjoncturels rassurants. Les acteurs économiques font ainsi preuve d’une prudence marquée, conscients que la dynamique politique reste à la merci des aléas internes et externes, tandis que la volatilité sur les taux longs entretient l’incertitude sur les portefeuilles obligataires et les choix d’allocation à venir.