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Taux bas : bientôt la fin car trop risqués ?

| Publié le 11-09-2019 10:21 |
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Taux bas : bientôt la fin car trop risqués ?
Crédit(s) photo(s) : Shutterstock  

0,35% sur 10 ans. C'est le taux de crédit record annoncé par le courtier Credixia. Depuis la baisse des taux directeurs par la Banque Centrale Européenne (BCE) en 2016, jamais le coût d'un emprunt n'a été aussi bas. Ce qui n'est pas sans inquiéter les autorités.

Des taux records sur les crédits immobiliers

Les taux d'emprunt concernant les crédits immobiliers n'en finissent pas de baisser. Selon le courtier Credixia, il est désormais possible d'emprunter au taux record de 0,35% sur 10 ans. Un taux inférieur à l'inflation, qui rend le crédit presque gratuit.

Selon le courtier, plusieurs banques ont annoncé des baisses allant jusqu'à -0,40 point. Si les établissements bancaires diminuent encore leurs taux, c'est que le crédit immobilier est devenu un « produit d'appel » pour attirer de nouveaux clients. Des personnes qui, en théorie, devraient leur rester fidèles très longtemps, puisqu'il est fort peu probable qu'elles puissent renégocier un taux plus avantageux dans une autre banque.

Cette tendance de taux très bas devrait encore se poursuivre. Elle est en effet directement liée aux taux directeurs fixés par la Banque Centrale Européenne (BCE), notamment ceux auxquels les banques peuvent placer leurs liquidités ou emprunter. Or, Mario Draghi, le Président de l'institution, a indiqué que ceux-ci devraient se maintenir « à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas au moins jusqu'à la mi-2020 ».

A lire également : Pourquoi la France emprunte à taux négatifs ?

Mario Draghi termine son mandat le 1er novembre prochain et sera remplacé par Christine Lagarde, l'actuelle Présidente du Fonds Monétaire Internationale (FMI).


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Des taux bas qui engendrent des risques pour le système bancaire

La politique de taux très bas pratiquée par les banques commence à inquiéter les autorités. L'ACPR a annoncé il y a quelques jours renforcer sa surveillance notamment sur le financement des opérateurs immobiliers. Le 10 septembre, le Haut Conseil à la Stabilité Financière (HCSF) a renouvelé ses inquiétudes quant à la vulnérabilité potentielle des banques sur le segment des crédits immobiliers.

La crainte des institutions concerne notamment un risque accru de défaillance des emprunteurs, lié à des conditions d'octroi de crédit de plus en plus souples, mais également un risque sur la solidité des banques puisque pour pratiquer des taux à ces niveaux, les établissements de crédit renoncent à leur marge.

Dans son communiqué, l'HCSF indique avoir signalé à plusieurs reprises « sa vigilance quant au crédit immobilier. Il estime que, même si le risque reste contenu à l'heure actuelle, les tendances observées constituent une vulnérabilité à moyen-terme. » L'institution a indiqué préparer un rapport sur le financement de l'immobilier résidentiel et « étudier le cas échéant les modalités d'actions pertinentes et proportionnées pour contenir ces risques ».

Le Haut Conseil à la Stabilité Financière (HCSF) est une institution qui réunit le gouvernement et les superviseurs financiers français comme l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution qui surveille l'activité des banques et des assurances), l'AMF (Autorité des Marchés Financiers, le « gendarme de la bourse ») et l'ANC (Autorité des Normes Comptables).

Des encours qui ne cessent de croître

L'inquiétude du Haut Conseil est renforcée par un contexte international incertain : outre la baisse des taux pouvant avoir un impact sur la profitabilité des banques et la stabilité financière, l'institution pointe du doigt les risques des marchés financiers, la baisse des taux longs au niveau mondial, et le « contexte d'incertitude élevée au plan macroéconomique en Europe, notamment avec le Brexit, dans les pays émergeants et aux États-Unis. »

L'emprunt des ménages et des entreprises ne cesse de croître, « principalement porté par le crédit immobilier » et « un assouplissement progressif des conditions d'octroi » selon le HCSF. Il enregistrait ainsi + 6,4% en juillet dernier selon l'institution, soit plus de 1000 milliards d'euros d'encours. L'endettement de ces agents économiques atteint plus de 133% du PIB au premier semestre 2019, « un taux supérieur à la moyenne de la zone euro », selon le HCSF.


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Mieux comprendre l’article

Les mots soulignés dans l'article sont brièvement définis ici.

Autorité des Marchés Financiers (AMF) :
L'AMF (Autorité des Marchés Financiers) est chargée de réguler les acteurs de la finance. Parmi ses principales missions, l'institution créée les règles à respecter, surveille les acteurs, autorise la mise sur le marché de produits financiers, sanctionne ceux qui ne respectent pas les règles, et informe les épargnants.

Banque centrale :
La banque centrale émet la monnaie d'un pays (ou d'une zone comme la zone Euro) et exécute la politique monétaire définie.

Encours :
Le mot encours désigne le montant total qu'une personne physique, morale ou un autre organisme détient ou doit à un tiers. En comptabilité, il fait référence à la valeur monétaire de ce qui est sur un compte en banque ou en stock.

HCSF - Haut Conseil à la Stabilité Financière :
Le Haut Conseil à la Stabilité Financière (HCSF) est une institution qui réunit le gouvernement et les superviseurs financiers français comme l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution qui surveille l'activité des banques et des assurances), l'AMF (Autorité des Marchés Financiers, le « gendarme de la bourse ») et l'ANC (Autorité des Normes Comptables).

Inflation :
L'inflation peut se définir comme la hausse continue du niveau général des prix.

Une des conséquences de l'inflation est la perte de pouvoir d'achat de la monnaie. Lorsque les prix augmentent, la même quantité de monnaie ne suffit plus pour acheter les mêmes produits.

Par exemple, avec une inflation de 1,8% par an, un produit qui coûterait 100 € en 2019 pourrait coûter 101,8 € en 2020. Il faudrait donc augmenter la quantité de monnaie nécessaire pour acheter le produit.

Dans le même temps, si de l'argent est placé à 0,75% par an, 100 € placés en 2019 vaudront 100,75 € en 2020. Ainsi, il était possible d'acheter le produit en 2019, mais plus en 2020 vu que le prix du produit à augmenté plus vite que la valeur de l'épargne.

Une économie équilibrée devrait théoriquement faire progresser les prix et le pouvoir d'achat de la monnaie à un rythme quasiment équivalent pour contribuer à la croissance économique. C'est notamment le rôle de la politique monétaire des banques centrales.


PIB - Produit Intérieur Brut :
Le PIB, ou Produit Intérieur Brut, est un indicateur économique qui correspond à la richesse produite dans un pays en un an. Il correspond à la somme des productions de biens et de services par les agents économiques vivant dans le pays dont il est question.

Taux directeur :
Les taux directeurs sont des taux d'intérêt fixés par une banque centrale. Ils permettent de réguler l'activité économique en agissant sur 3 leviers : le taux de rémunération des dépôts des banques, leur taux de refinancement et le taux d'escompte.